Vacant envisage le cas par Meneau 2013-10-21 12:02:10 |
|
Imprimer |
Dans Le Magistère ordinaire de l'Eglise et ses organes, et il y répond un peu à mon sens comme John DALY plus haut dans ce fil :
Nous avons déjà dit que Jésus-Christ a promis aux successeurs des apôtres qu’ils
seraient toujours les gardiens et les prédicateurs fidèles de sa doctrine. C’est pourquoi
tous les évêques sont les organes du magistère ordinaire, en vertu de l’institution du
Sauveur, et la foi de chaque Église particulière a pour règle la doctrine de son évêque1.
C’est pourquoi aussi, durant tous les siècles, il y aura des évêques soumis au Pape et
unis entre eux pour enseigner, d’un accord commun, les vérités révélées. Néanmoins,
bien que le corps de l’épiscopat ne puisse jamais périr ni se tromper, chaque évêque,
considéré isolément, peut tomber dans l’erreur et même se séparer de ses frères par le
schisme ou l’hérésie.
Qu’il est donc important, au milieu des luttes et des divisions qui ont quelquefois partagé
l’Église, de reconnaître le vrai corps de l’épiscopat, dépositaire infaillible de la
vérité.
Le signe principal, le seul signe toujours certain, auquel on puisse le reconnaître, c’est
sa COMMUNION avec le Souverain Pontife. Saint Pierre a été constitué par Jésus-
Christ le chef perpétuel du collège apostolique ; c’est aux successeurs des apôtres soumis
au successeur de saint Pierre que l’infaillibilité appartient. Cette infaillibilité les empêchera,
du reste, de se séparer du successeur de Pierre, comme elle les empêchera
d’abandonner la vérité.
Mais les évêques qui resteront unis au Pape et seront infaillibles dans l’enseignement
de la vérité formeront-ils toujours la majorité de l’épiscopat ? Peut-on les discerner
sûrement à ce signe qu’ils seront le grand nombre ?
Sur ce point, les théologiens les plus autorisés sont en désaccord.
Plusieurs, comme Brugère (De Ecclesia. n. 55). Bonal (De Ecclesia, n. 193), Palmieri
(De Romano Pontifice, n. 583 et 584), Muzzarelli (Religion et philosophie, n. 95), Ballerini
(De potestate Summorum Pontificum, cap. II, § 2) pensent que la majorité des évêques ne
peut se tromper. D’après cette opinion, quand la majorité des évêques, agissant comme
juges de la foi, s’accorde à enseigner un point de doctrine, il serait impossible que ce point
ne fût pas conforme à l’enseignement du Pape et à la vérité.
Melchior Cano (De locis theologicis, lib. V, cap. V) soutient, au contraire, que la majeure
partie de l’épiscopat peut se prononcer sur une doctrine qu’elle veut imposer à l’Église,
sans que le pape enseigne cette doctrine. C’est aussi le sentiment de Benoît XIV (De
Synodo, lib. XIII, cap. II, n. 3). D’après cette opinion, l’enseignement du plus grand
nombre des évêques pourrait être erroné.
D’ailleurs, en dehors des Gallicans, tous les théologiens, même ceux qui n’admettent
pas que la majorité de l’épiscopat puisse se tromper, estiment que le Pape garde toute
l’indépendance de son jugement, alors même que le plus grand nombre des évêques se
seraient prononcés.
Avant de trancher la question, qu’il me soit permis de la poser dans d’autres termes.
Quand on parle de la majorité de l’épiscopat on a assurément en vue l’épiscopat catholique
; or, il n’y a de catholique que l’épiscopat uni au Pape. On peut donc soutenir, avec
quelques partisans de la première opinion, que la catholicité de I’Église exige qu’elle ait
dans son sein la majorité des évêques d’ordre, c’est-à-dire de ceux qui ont reçu la
consécration épiscopale, comme elle doit réunir la majorité des chrétiens baptisés. Mais
voici un point qu’il ne faut pas oublier. La catholicité de l’Église (outre l’extension par tout
le monde connu) lui assure, sans doute, un nombre de fidèles notablement plus considérable
que celui des adhérents d’aucune secte séparée ; mais cette catholicité nous
appartiendrait toujours, alors même que le nombre des catholiques serait inférieur à
celui de tous les hérétiques et de tous les schismatiques réunis. Or, n’en doit-il pas
être de même pour ceux qui ont reçu la consécration épiscopale ? Par conséquent, encore
que cela ne soit jamais arrivé, il n’y aurait pas lieu de se scandaliser, si les évêques
catholiques se trouvaient moins nombreux que les évêques d’ordre répandus dans toutes
les sectes hétérodoxes prises ensemble, puisque ces sectes sont séparées les unes des
autres et ne forment pas corps entre elles.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|