Votre message est intéressant parce qu’il est un concentré de tout ce que je dénonce.
Le légalisme et la papolâtrie d’abord. Traditionnellement et n’en déplaise à Pie XII, c’est l’évêque local au sein de chaque Eglise particulière qui est le législateur de la liturgie. Le fait pour le pape d’accaparer la totalité de ce pouvoir est une dérive moderne et historiquement récente. Et contrairement à la plupart des autres traditionalistes je suis cohérent car je critique également cette ecclésiologie ultramontaine (déjà en place bien avant Vatican II) qui fait du pape et de ses décisions l’alpha et l’oméga de la vie de l’Eglise. Je vous invite à prendre connaissance du travail des historiens sur ce qu’était l’ecclésiologie durant toute la première moitié de l’histoire de l’Eglise. Cela vous amènera à relativiser fortement le caractère absolu des décisions papales.
Ensuite toute mon argumentation tend à justifier l’usage aujourd’hui du rite romain traditionnel, et non à dissuader d’assister au nouveau rite ou de condamner ce rite dont j’ai déjà écrit que je le reconnaissait comme valide, légitime, etc. Simplement je n’y mettrai plus les pieds sauf exception, et je justifie ce choix. Vous pouvez contester mes arguments mais vous ne pouvez pas me forcer à assister au nouveau rite. Ni vous ni la hiérarchie d’ailleurs. A partir de là soit la hiérarchie intègre le mouvement traditionnel tel qu’il est soit elle décide de le brimer et dans ce cas elle en portera la responsabilité devant l’histoire. Et en assumera les conséquences.
Vous reconnaissez donc que les liturgistes que j’ai cité ont admis le caractère rupturiste (et pas simplement le fait qu’il y ait eu « des changements ») de la réforme. Le reste (pratiquer le nouveau rite ou rester fidèle à l’ancien) est affaire de choix personnel en cohérence ou pas avec le diagnostic posé mais on est bien d’accord sur le diagnostic. Il y a eu rupture. Personnellement je ne fais qu’en tirer les conséquences pour ma vie personnelle et je comprends tout à fait que pour toutes sortes de raisons (obéissance, volonté de ne pas se marginaliser, etc) certains tirent des conséquences bien différentes.
Vous me dites « ce qu’un pape a fait, un autre peut le défaire ». Mais je n’ai jamais dit le contraire. Je n’ai pas dit qu’il ne PEUT pas le défaire. Je dis qu’il l’a fait. Et excusez moi mais dire une chose et son contraire sur un sujet précis et en l’espace de quelques décennies seulement cela s’appelle bien un magistère erratique. Si vous commencez par interdire à vos enfants le cannabis, puis quelques années suivantes vous l’autorisez, avant de l’interdire à nouveau, c’est un comportement erratique. Cela s’appelle la langue française et les mots ont un sens.
Enfin, la dernière citation de Pie XII que vous nous sortez, sans visiblement en comprendre le sens, est précisément une condamnation de la logique qui a présidé à la conception du nouveau missel, à savoir l’archéologisme. C’est à dire le fait d’aller déterrer d’anciennes prières ou d’ancien rites disparus depuis parfois plus de mille ans pour les réinstaurer aujourd’hui. Ce qui n’a rien à voir avec le fait de rester fidèle à un rite qui a été pratiqué sans discontinuité pendant des siècles jusqu’aujourd’hui. Une fois de plus vous donnez le bâton pour vous faire battre…
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