Votre vision des choses me paraît inexact sur plusieurs points.
Si on concélèbre le rite de Paul VI, on le célèbre.
Ce n’est pas exact. Quand un patriarche oriental concélèbre avec le pape, cela manifeste la communion ecclésiale et hiérarchique, cela n’en fait pas pour autant du patriarche oriental un patriarche biritualiste latin-oriental et ledit patriarche n’ira jamais célébrer la messe latine dans un autre contexte sous prétexte qu’il a concélébré avec le pape dans le rite latin.
Si on accepte de le faire avec l'évêque le Jeudi Saint, on accepte par le fait même de le faire avec l'évêque en d'autres occasions, sinon, de quelle communion est-il question ? Puis avec l'évêque auxiliaire, le vicaire général, l'archidiacre
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Oui pour la première partie, non pour la seconde. Effectivement concélébrer avec l’évêque peut se faire également à d’autres occasions que la messe chrismale. Après, il est toujours possible de passer un accord inscrivant dans le marbre que la concélébration ne sera pratiquée qu’à une seule occasion symbolique dans l’année, la messe chrismale. Ensuite il suffira que les deux parties respectent l’accord écrit pour ne pas se laisser entraîner plus loin.
En revanche, il est facile de refuser la concélébration en dehors de la messe épiscopale. En effet la célébration épiscopale est un critère objectif et une ligne rouge clairement identifiable, et est le seul cadre qui justifie la concélébration qui n’a pas lieu d’être, et donc encore moins lieu d’être imposée, lorsque l’évêque est absent. Il ne faut donc pas être dans une logique du « tout ou rien », mais discerner en fonction de critères théologiques et ecclésiologiques objectifs.
une fraternité dont la liturgie traditionnelle est un caractère propre n'a pas à céder à ce type de pression
La question de la concélébration est une question distincte de la question de l’attachement à un rite particulier. J’ai donné l’exemple des patriarches orientaux. Mais surtout, il est faux d’affirmer que l’attachement exclusif à la liturgie traditionnelle suppose l’impossibilité de concélébrer, puisque la concélébration existe aussi dans le rite romain traditionnel. Il n’y a qu’à visionner la
vidéo des sacres de 1988: durant la consécration les évêques nouvellement sacrés sont debout, en chasuble, à côté de l’autel, et concélèbrent sous une forme proche de celle du nouveau rite actuel.