Je persiste et signe... par Athanasios D. 2025-09-04 19:25:13 |
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1. - Je ne le conteste pas non plus. Benoît XVI a effectivement confirmé que le Missel de saint Jean XXIII ne fut pas abrogé. Cependant, le nouveau Missel fut rendu obligatoire, sauf indult. Je vous accorde que dans les faits, cela équivaut à une obrogation.
- Sur la fidélité de la réforme aux normes conciliaires, le démenti est loin d’être unanime. Quand bien même, le Pape n’est pas contraint par le Concile et a pu approuver certains développements post-conciliaires. L’usage étendu du vernaculaire est un bon exemple, puisque que l’hybridation a montré ses limites dès 1965.
- Les citations de Ratzinger portent sur la discontinuité de développement. Je maintiens qu’il n’aurait pu en être autrement, même si les normes conciliaires avaient été suivies à la lettre. La Constitution Missale Romanum de Paul VI en rappelle un certain nombre:
Le IIe concile œcuménique du Vatican a établi dans la Constitution Sacrosanctum Concilium les bases de la révision générale du Missel romain : en déclarant que « les textes et les rites doivent être organisés de telle façon qu’ils expriment avec plus de clarté les réalités saintes qu’ils signifient »; en ordonnant « que le rituel de la messe soit révisé de telle sorte que se manifestent plus clairement le rôle propre ainsi que la connexion mutuelle de chacune de ses parties, et que soit facilitée la participation pieuse et active des fidèles »; en prescrivant « qu’on ouvre plus largement les trésors bibliques, pour présenter aux fidèles avec plus de richesse la table de la parole de Dieu »; en prescrivant enfin « que soit composé un rite nouveau de la concélébration, qui devra être inséré dans le Pontifical et dans le Missel romain ».
(...)
En ce qui concerne l’ordo de la messe, « tout en gardant fidèlement la substance des rites, on les a simplifiés ». On a fait disparaître « ceux qui, au cours des âges, ont été redoublés ou ajoutés sans grande utilité », surtout dans les rites de l’offertoire, de la fraction du pain et de la communion.
On a aussi « rétabli, selon l’ancienne norme des saints Pères, certaines choses qui avaient disparu sous les atteintes du temps », par exemple l’homélie, la prière universelle. On a enfin mis en valeur, au début de la messe, le rite pénitentiel de réconciliation avec Dieu et avec les frères.
Selon la prescription du Ile concile du Vatican, qui ordonnait de lire au peuple « dans un nombre déterminé d’années la partie la plus importante des saintes Écritures », l’ensemble des lectures du dimanche a été réparti sur un cycle de trois ans. De plus, les dimanches et fêtes, la lecture de l’épître et de l’Évangile est précédée d’une lecture de l’Ancien Testament ou, au temps pascal, des Actes des Apôtres.
Il faut admettre que la célébration de l’ancienne liturgie s’était trop égarée dans le domaine de l’individualisme et de privé, et que la communion entre prêtres et fidèles était insuffisante. J’ai un grand respect pour nos aïeux, qui disaient durant les messes basses les « prières pendant la messe » que leur livre de prières proposait, mais certainement on ne peut considérer cela comme l’idéal de la célébration liturgique ! Peut-être, ces formes réduites de célébration sont-elles la raison profonde pour laquelle la disparition des livres liturgiques anciens n’a eu aucune importance dans beaucoup de pays et n’a causé aucune douleur. On n’y avait jamais été en contact avec la liturgie elle-même.
Le Saint-Père répondit à la lettre des cardinaux en écrivant personnellement à la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 22 octobre 1969, et envoya la documentation qui lui avait été transmise, demandant que l’on fasse un « examen sévère des critiques soulevées » et ordonnant de ne pas procéder, du côté de la S. Congrégation pour le Culte divin, à la publication définitive de l’Ordo Missae et de l’Institutio generalis Missalis Romani avant que la S. Congrégation pour la Doctrine de la Foi juge si les critiques en question exigent une révision de ces textes liturgiques importants.
Le 12 septembre 1969, après un examen effectué par un groupe de théologiens de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Cal Šeper put écrire à la secrétairerie d’État :
L’opuscule Breve esame… contient nombre d’affirmations superficielles, exagérées, inexactes, passionnées et fausses.
Cet examen ne conduisit qu’à quelques retouches ad abundantiam de l’Institutio du missel, notamment à propos du n° 7. Pour confirmer et illustrer la continuité de la tradition doctrinale et liturgique, presque comme une catéchèse, on ajouta un préambule au missel. Quant à l’Institutio, elle a été trouvée conforme à la doctrine de l’Église sur l’Eucharistie.
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