Vous écrivez:
Sur la fidélité de la réforme aux normes conciliaires, le démenti est loin d’être unanime. Quand bien même, le Pape n’est pas contraint par le Concile et a pu approuver certains développements post-conciliaires. L’usage étendu du vernaculaire est un bon exemple, puisque que l’hybridation a montré ses limites dès 1965.
- Les citations de Ratzinger portent sur la discontinuité de développement. Je maintiens qu’il n’aurait pu en être autrement, même si les normes conciliaires avaient été suivies à la lettre. La Constitution Missale Romanum de Paul VI en rappelle un certain nombre:
Pourtant Ratzinger est très clair:
Le problème du nouveau missel réside dans la renonciation au processus historique [...] et dans la création d’un missel complètement nouveau [...] : un fait inouï dans l’histoire du droit et de la liturgie. Et je peux dire avec certitude, sur la base de ma connaissance des débats conciliaires et de ma lecture répétée des interventions des Pères Conciliaires, que cela ne correspondait pas aux intentions du Second Concile du Vatican.”
Lettre du Cardinal Ratzinger au Professeur Wolfgang Waldstein (1976)
Avec certitude... on ne peut pas être plus clair et il parlait en connaissance de cause. Ou bien Ratzinger, dont la compétence en matiere liturgique n'est pas à démontrer et qui a participé au Concile, se trompe sur toute la ligne?
Par ailleurs concernant la constitution de Paul VI, il y a des points effectivement dans lesquels certains points de la réforme peuvent se justifier par les orientations conciliaires (le nouveau lectionnaire par exemple), mais il y a d'autres points pour lesquels cela se discute. Par exemple, faire disparaître « les rites qui, au cours des âges, ont été redoublés ou ajoutés sans grande utilité » peut justifier la suppression des prières au bas de l'autel, de la prière léonine ou du dernier évangile, mais cela n'implique pas nécessairement un bouleversement complet de l'offertoire et des rites de la liturgie eucharistique.
Mais surtout, il y a des points sur lesquels la réforme est totalement incompatible avec les orientations conciliaires. Par exemple la question du grégorien, que SC canonise alors que l'IGMR permet sa disparition. Or le chant liturgique n'est pas une question accessoire mais bien essentielle à la liturgie. C'est même la seule réalité qui demeure dans tous les types d'offices liturgiques. Le rite et la paramentique ne sont présents qu'a la messe et pour vepres, seul le chant nu demeure pour les petites heures. L'essence de la liturgie, c'est le chant sacré, c'est à dire la parole de l'Ecriture surtout, de la tradition secondairement, mise en musique dans le cadre de melodies sacrées.
Remettre en cause cela, c'est blesser la liturgie dans son essence même.
2. Vous trouvez deplacé de comparer Mgr Lefebvre à S. Cyprien, mais vous ne voyez aucun problème à le comparer à Judas... je laisse les liseurs juger de la pertinence de ce genre d'aberrations.
3. Vous avez parfaitement le droit d'aimer les liturgies de l'Emmanuel ou des FMJ. Mais ici on ne discute pas des gouts et des couleurs, mais de savoir si la réforme est oui ou non en harmornie avec l'histoire du rite romain. Personne ne va réussir à me persuader que des liturgies sans chant liturgique mais avec uniquement des cantiques (si beaux soient-ils, ce n'est pas la question), face au peuple, avec des choix multiples, etc, même "dignes", sont conformes à l'histoire du rite romain. Je reconnais bien évidemment que ceux qui pratiquent ces liturgies sont catholiques, mais on est dans
autre chose, dans de la néo-liturgie... en tout cas dans une réalité étrangere à toutes les liturgies d'Orient et d'Occident.
4. Je ne comprends pas votre propos qui n'a aucun rapport avec le sujet précis dont il était question. D'abord je conteste cette appellation de "messe de toujours" que je n'emploie jamais si ce n'est pour en nier la légitimité. Je parle de développement organique du rite romain, de liturgie traditionnelle, etc. Par ailleurs je n'ai strictement rien admis du tout et mon expérience personnelle ainsi que celle de milliers de fideles contredit cette idée d'une incompatibilité entre la liturgie ancienne et la participation. Vous croyez vraiment que tous ceux qui se sont opposé aux réformes "n'avaient aucun contact avec la liturgie" qu'ils défendaient? Soyez sérieux et réfléchissez cinq minutes...