En bref:
1. Outre le fait que je conteste l’idée qu’un pape puisse abolir et interdire totalement un rite vénérable (ce que Summorum Pontificum a confirmé), l’idée d’une fidélité de la réforme de 1969 aux orientations conciliaires a été démentie… par des personnalités qui ont l’avantage sur vous et moi, en plus d’être d’excellents connaisseurs de la liturgie, d’avoir participé au concile. Je veux parler de Ratzinger bien sûr, mais aussi du cardinal Siri, qui a déclaré en 1970 en parlant du nouveau missel, je cite: « Le Concile n’a pas demandé une révolution pareille » (cf. Chiron, Histoire des traditionalistes, p. 214).
2. Ce n’est évidemment pas l’opposition au pape qui a valut à S. Cyprien l’honneur des autels. Mais ce que je voulais dire, c’est que cette opposition ne l’a nullement empêché d’être vénéré comme saint. C’était pourtant une opposition doctrinale au moins aussi frontale que celle de Mgr Lefebvre. Donc ceux qui font de toute désobéissance un crime indélébile doivent pour être cohérents demander la décanonisation de S. Cyprien… mais aussi de S. Paul, de S. Athanase, etc.
3. Vous essayez laborieusement de défendre la légitimité du nouveau rite avec la CSM et l’Opus Dei. Mais de grâce, restons sérieux. Ces deux communautés réunies représentent à peine plus de prêtres que le clergé traditionaliste. La CSM ne célèbre le NOM correctement qu’à Evron et en quelques rares lieux, dans la plupart de ses apostolats elle est absorbée par la pastorale catastrophique locale. Quand à l’Opus Dei… je n’en parle même pas. Aucune de ces deux communautés n’est représentative du NOM. Elles représentent une infime minorité dans l’Eglise universelle et un courant marginal, d’ailleurs regardé avec suspicion par tous les autres et notamment par les évêques. Et puis que je sache, ni la FSSP, ni le Barroux, ni Fontgombault, ni l’IBP, ni les paroisses personnelles traditionnelles ne sont aujourd’hui « en dehors du navire ».
4. Votre citation de Ratzinger m’a beaucoup amusé parce qu’elle dit l’inverse de ce que vous lui faites dire et elle se retourne contre votre propre argumentation. Effectivement, ce sont les milieux imprégnés d’esprit liturgique et influencés par le mouvement liturgique (celui qui a mené à Sacrosanctum Concilium…) qui ont le plus résisté aux réformes. Et effectivement, la réforme liturgique a été acceptée, comme le papier buvard absorbe l’encre, dans les milieux (l’écrasante majorité du monde catholique en réalité) qui n’en avaient depuis déjà bien avant le concile strictement rien à cirer de la liturgie. Vous donnez le bâton pour vous faire battre…
5. L’orthodoxie du NOM était tellement en péril que Paul VI a dû réinjecter artificiellement de l’orthodoxie à haute dose pour éviter un missel clairement hétérodoxe. Quand on lit l’IGMR, on est rassurés par certains passages qui rappellent la doctrine de Trente sur la nature du sacrifice eucharistique. Mais en fait, il s’agit des passages ajoutés par Paul VI et que le texte initial de 1969 ne contenait pas. Et dans le corps du missel lui-même, l’orate fratres par exemple aurait dû disparaître aussi, c’est Paul VI qui est intervenu pour maintenir ce dialogue entre le célébrant et les fidèles. Pareil pour le mercredi des Cendres et bien d’autres choses… vous devriez réellement étudier tout cela de plus près!
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