On parlait bien de « rite lyonnais » distinct du « rite romain », avec des différences notables notamment pour la messe pontificale, de même qu’il y avait un rite mozzarabe, un rite de Sarum, un rite ambrosien à Milan, qui ne sont certainement pas de simples déclinaisons du rite romain, même si évidemment il y a eut historiquement des influences (réciproques d’ailleurs). Le fait que le rite lyonnais ait été très tardivement partiellement romanisé est un accident de l’histoire et ne remet pas en cause sa consistance propre. Rappelons que tout diocèse est une Eglise particulière dans l’Eglise universelle car c’est l’évêque qui fait l’Eglise selon l’antique adage ibi episcopus, ibi ecclesia.
En revanche le rite parisien par exemple ou bien le rite romano-séraphique, utilisé par l’ordre franciscain, étaient bien des variantes du rite romain.
On est donc capables de distinguer les rites locaux qui avaient une consistance propre, distincte du romain, de ceux qui ne sont que des variantes du romain. Ce sont deux catégories différentes.
Tous ces rites appartiennent à la grande famille de la chrétienté latine, qui a toujours été diverse.
L’herméneutique de rupture est aujourd’hui la doctrine officielle de l’Eglise depuis TC. Benoît XVI avec SP et son concept « d’un rite en deux formes » n’a pas fait une déclaration magistérielle contraignante ad vitam (la preuve, elle a été contredite par TC), mais une pirouette juridique bancale et fragile (avec d’excellentes intentions) pour tenter de nier l’évidence de la rupture qu’a été la réforme liturgique. Rupture qui n’est pourtant pas une théorie mais un fait objectif admis par les plus éminents liturgistes (Ratzinger, Bouyer, Gélineau, Gamber).
Résorber la fracture liturgique suppose d’abord de s’assurer que la liturgie romaine traditionnelle subsiste et trouve sa place de manière stable et durable dans la vie de l’Eglise. Ce qui suppose que le mouvement traditionnel se constitue en Eglise particulière sui iuris. Ce qui n’empêchera nullement les clercs et fidèles diocésains de bonne volonté de s’inspirer de la liturgie traditionnelle pour réformer dans un sens traditionnel les normes et la pratique du missel de Paul VI.
Le monde traditionnel ne forme évidemment pas pour le moment une Eglise particulière mais il en a tous les ingrédients sauf l’épiscopat. D’où l’idée de l’ordinariat qui permettra de justifier le maintien de l’ancienne liturgie et des anciens ordres mineurs dans l’Eglise d’aujourd’hui et de demain.
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