Du reste, saint Paul résiste-t-il lui-même à sa recommandation, quand on sait qu'il a permis à saint Timothée (que nous fêtons aujourd'hui dans le NOM) ce qu'il a interdit aux Galates, à savoir de se faire circoncire alors qu'il est déjà baptisé ?
Savez-vous que ce sont
ses adversaires mosaïstes, ceux-là même qu’il allait anathémiser, qui présentaient saint Paul comme un prédicateur inconséquent (Act. XVI, 3) ? Si du moins vous aviez lu la
réponse de l’apôtre (Gal. I, 11-24), vous auriez évité de paraître lui faire la leçon et, par la même occasion, vous auriez profité de l’excellente recommandation de saint Grégoire le Grand.
Cette recommandation ne contredit évidemment en rien celle de saint Paul : elle la complète. Bien sûr qu’il faut tout tenter pour éviter de voir des contradictions là où il n’y en a pas, et le ton employé par Mgr de Castro Mayer dans sa lettre à Paul VI montre bien que ce n’est nullement de gaieté de cœur qu’il n’a pas pu accorder à
DH l’assentiment qu’il souhaitait. Mais enfin, si en conscience cela s’avère impossible, comment ne pas songer à ce qu’enseignait saint Paul ? Aurait-il donc parlé pour les murs ?
Que vous ne soyez pas d’accord avec Mgr de Castro Mayer, ça ne regarde que vous et votre conscience, pas la sienne ni la mienne. Il est clair pour qui a lu sa lettre que l’archevêque ne se prévaut d’aucune autorité personnelle face à Paul VI : au contraire, en l’écrivant il répond à une suggestion de ce dernier. Néanmoins, à ses
Dubia il ne recevra de lui aucune réponse, sauf un simple accusé de réception : ce qui donne, au moins
à mes yeux, d’autant plus de poids à ses objections.
V.