En quoi saint Paul est-il un apôtre ? par Vianney 2011-06-30 13:15:28 |
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Il s’en explique lui-même dans la première partie de sa lettre aux Galates (en particulier : I, 11-24). Voici le commentaire qu’en donne Dom Paul Delatte (Les Epîtres de saint Paul replacées dans le milieu historique des Actes des Apôtres, t. Ier, p. 497-498) :
Tout ce qui suit dans les deux premiers chapitres cesse d’être une apologie personnelle, pour se borner à un exposé historique, dans le dessein de montrer l’originalité divine de son enseignement et la fermeté qu’il a apportée à maintenir cette liberté évangélique que les mosaïstes menacent aujourd’hui.
Voici, dit l’Apôtre, pourquoi la doctrine que je vous ai enseignée ne peut subir ni retouches, ni achèvements. Elle ne le pourrait que si elle venait de l’homme. Venant de Dieu, elle est consacrée, elle est immuable. Et elle vient de Dieu. Je ne l’ai reçue d’aucun homme, je ne l’ai apprise à l’école d’aucun maître, je la tiens de Notre-Seigneur Jésus-Christ seul. Et en vérité, il a fallu la vocation de Dieu, et une sorte de coup d’état pour faire de moi le prédicateur de la liberté évangélique. Vous n’ignorez pas, dit-il, ce que j’ai été autrefois. Ma naissance et mon éducation ne m’avaient pas préparé à ma mission d’aujourd’hui. Je ne savais que le mosaïsme. Mon attachement à la loi m’a même fait persécuter avec violence l’Eglise de Dieu, et semer la mort parmi les chrétiens. Je dépassais en fanatisme judaïque tous ceux de mon âge, et défendais avec plus d’énergie que personne les traditions qui nous viennent de nos ancêtres Juifs. Comment un adepte si fervent de la loi de Moïse y eût-il renoncé, et renoncé à ce point, si le Seigneur n’y avait mis la main ?
Une heure vint, où il plut à Dieu, après l’avoir prédestiné et l’avoir appelé dans sa toute gracieuse charité, de révéler à l’Apôtre le mystère de son Fils, avec mission de le dire aux nations (II Cor., IV, 6). La pensée de l’Apôtre aurait pu être alors de s’attacher à ceux de son sang et de sa race, de se rendre à Jérusalem auprès des Douze qui l’avaient précédé dans l’apostolat. On l’eût reçu avec joie : il aurait eu l’occasion de recueillir leur doctrine. Au lieu de prendre ce parti, il sort de Damas et se retire dans l’Arabie Nabatéenne ; puis il retourne à Damas, d’où il est contraint de s’enfuir bientôt pour échapper à la persécution des Juifs. Ce n’est qu’après trois ans écoulés depuis sa conversion qu’il revient à Jérusalem, pour faire connaissance avec Pierre et s’entretenir avec lui une quinzaine de jours. Tout ce détail montre que sa formation apostolique est de Dieu : il a enseigné au lendemain même de sa conversion, n’a vu saint Pierre que plus tard, n’est demeuré avec lui que peu de temps, n’a pas eu le loisir de se mettre à l’école d’un maître.
Paul ne devait pas avoir de successeur dans sa mission extraordinaire ; mais l’élément qu’il venait déposer dans l’Église mère et maîtresse représentait une telle valeur que, dans tous les siècles, on entendra les pontifes romains, héritiers du pouvoir monarchique de Pierre, faire appel encore à un autre souvenir, et commander au nom des « bienheureux Apôtres Pierre et Paul ». (Année liturgique, Commémoration de saint Paul, apôtre.)
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