L'autonomie légitime est également relative et subordonnée. par Scrutator Sapientiæ 2012-01-18 00:09:14 |
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Bonsoir Luc Perrin,
Il me semble que, au Concile, on a peut-être pas assez redit que l'autonomie légitime de la conscience ou de la personne humaine est d'autant plus légitime qu'elle est
- relative, et non absolue,
- subordonnée, et non désordonnée,
par rapport à l'autorité de la parole divine.
Je crois qu'il y a eu
- une mise en avant de la dimension "autonomie naturelle", de la liberté religieuse, aspiration de l'homme,
- une mise en retrait de la dimension "hétéronomie surnaturelle", de la vérité religieuse, inspiration de Dieu,
et ce double mouvement (mise en avant /mise en retrait) a abouti à la perte du sens de l'articulation verticale, en d'autres termes, de la hiérarchisation, entre la vérité religieuse inspirée par Dieu, et la liberté religieuse à laquelle aspire l'homme.
Je constate par ailleurs que le Concile est parfois "fautif" dans le cadre de ce genre de doubles mouvements ; ainsi, dans GS, notamment à propos des notions de dignité et de liberté, on a parfois l'impression d'une mise entre parenthèses de la distinction
- entre la dignité et la liberté naturelles de l'homme, de l'homme créé, mais aussi de l'homme pécheur,
- et la dignité et la liberté surnaturelles de l'homme, en tant qu'enfant de Dieu, pensant, priant et vivant en relation et en communion avec Notre Père.
Une autre remarque s'impose à moi ; elle est inspirée par une relecture récente d'une assez grande partie de Guadium et Spes : on se demande vraiment, par endroits, s'il n'y a pas, compte tenu du mode de rédaction, un risque de confusion, pour ainsi dire
- entre l'ordre des réalisations humaines dans le monde,
- et l'ordre des potentialités humaines en Dieu.
J'y vois pour ma part la conséquence du fait qu'au Concile, on a eu tendance
- à donner leur congé, puis à saluer de haut et de loin, certaines distinctions thomistes essentielles,
- à recourir à un monisme extensif, en lieu et place d'un dualisme restrictif,
ce qui a pu aboutir à une indistinction relative
- entre les aspirations humaines légitimes et la véritable inspiration divine,
ou, si vous préférez,
- entre les valeurs humaines, les valeurs ou vertus "christiques", et les vertus chrétiennes.
En conclusion, je prends appui, comme je peux, sur Saint Jean :
- ce n'est pas la liberté qui, à son propre contact, se vérifie elle-même, ou vérifie Dieu, en tant que ligne de destination ou lieu de satisfaction d'une curiosité ou d'une sensibilité religieuse ou spirituelle,
- mais c'est la Vérité qui, dès lors que l'on adhère à Elle, libère.
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.
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