Si on cherche avec subtilité la vérité même, on découvre comment en réalité n’est pas contradictoire ce qui d’abord avait paru dissonant. (S. Grégoire le Grand)
En effet, j’ai déjà lu ça
quelque part. Mais ensuite ? Si même en faisant preuve de beaucoup de subtilité, on arrive toujours à la même conclusion ?
Mgr de Castro Mayer aurait-il donc manqué de subtilité en estimant, textes à l’appui, que
Dignitatis Humanæ “est en contradiction avec une doctrine déjà établie comme certaine par le Magistère Ordinaire d’une longue série de Papes” ? Saint Paul aurait-il donc prêché en vain aux Galates et à leurs émules ?
De quoi s’agissait-il au juste, dans le cas des Galates ? De “nier la virginité de Marie ou la divinité du Christ” ? Eh bien non, il s’agissait de quelque chose de bien plus
subtil : rétablir les rites mosaïques (circoncision entre autres) dont l’Église avait dispensé les fidèles. Or, ces rites ne comportaient évidemment rien de contraire à la foi ni de mauvais en eux-mêmes : Moïse n’avait fait qu’obéir à Dieu en les instituant, et les premiers chrétiens les avaient fidèlement observés. Il aurait donc fallu, apparemment, être particulièrement
subtil pour ne pas tomber dans le panneau.
Or, vous le savez aussi bien que moi, tel ne fut pas du tout l’avis de saint Paul, qui blâma tout au contraire la conduite des Galates, allant même jusqu’à leur parler d’un “nouvel Évangile” prêché par un “apôtre” ou un “envoyé du Ciel”, bref à envisager des cas extrêmes bien éloignés du leur. Saint Paul était-il donc trop
subtil ?
V.