vous avez bien saisi mais où sont par Luc Perrin 2012-01-18 16:47:18 |
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vos éléments de preuve à l'appui de votre affirmation ?
Concernant la Hongrie qui suscite bien des inquiétudes justifiées sur d'autres plans, Mgr Székely déclare à propos de la nouvelle Constitution :
« certes dans le texte original de la loi il y avait quelques mesures exagérées » mais celles-ci « ont été corrigées et effacées » du texte suivant les suggestions de la Cours Constitutionnelle Hongroise et de quelques organismes européens. Les critiques concernant la limitation des « confessions religieuses reconnues » et les restrictions sur la liberté de culte sont aussi infondées. Pour l’auxiliaire de Budapest, la nouvelle loi ne reconnaît pas les Eglises dont le seul but est de profiter des subsides de l’état."
Bref cette constitution est conforme à D.H. mais pas au Syllabus.
1. la liturgie romaine traditionnelle a-t-elle besoin d'un État confessionnel catholique monopolistique pour exister ? Evidemment que non : elle est célébrée dans le seul État qui existe sous ce régime (la Cité du Vatican) moins qu'ailleurs, tous les autres états, en zone laïque. Pire la Cité du Vatican fut très longtemps radicalement hostile à cette liturgie et ce n'est que tout à la fin du règne de Jean-Paul II qu'on a pu en user à la basilique Saint-Pierre.
2. "L'Eglise comme témoin (éventuellement silencieux si cela est opportun)d'une chrétienté". D.H. ne change rien à cela : là où l'Église a cessé d'être "témoin d'une chrétienté", ce n'est pas à cause de D.H. mais de la démentielle "pastorale de l'enfouissement" que Rome a toujours condamnée. La responsabilité en incombe aux Églises locales concernées et à un clergé déboussolé mais pas à D.H.
3. "Cette reconnaissance de ce principe (dans la définition qu'en donne les Etats contemporains) a aussi de graves conséquences pour l'évangélisation : les hommes religieux d'autres civilisations ont beaucoup de mal à comprendre cette "abdication"."
Pas vraiment, l'histoire prouve le contraire : le principe de la liberté religieuse n'a aucune ou peu d'incidence sur l'évangélisation. Le formidable mouvement missionnaire du XIX-XXe siècle s'est fait en régime de laïcité ; le Spiritain Marcel Lefebvre a exercé sous ce régime tant au Gabon qu'au Sénégal.
Ce n'est pas D.H. qui a nui à la Mission mais Nostra aetate (n°2 alinéa 2 une fois encore) et la pastorale d'enfouissement susdite : cette pastorale aujourd'hui prend la forme particulièrement nocive de l'idéologie "dialoguiste". C'est le péché de trop de clercs (et laïcs) modernes mais c'est indépendant du régime juridique de l'Église par rapport à l'État. La preuve, il y a eu quelques "dialoguistes", il y en a encore mais moins en nombre et en intensité, dans la Cité du Vatican.
Au demeurant, l'État confessionnel catholique monopolistique a lui pu occasionnellement nuire à l'évangélisation : ex. le Portugal (Pombal notamment) et l'Espagne sous Charles III.
4. "Il me semble aussi que le combat de Benoît XVI sur les points non négociables est une amorce de cette proclamation ultime que l'homme n'est pas fait pour la terre et que les Etats doivent aider l'homme dans ce cheminement vers plus grand qu'Eux."
Jean-Paul II avant lui, les racines chrétiennes de l'Europe, et Paul VI ont dit la même chose. La liberté religieuse, non contrainte de l'État sur l'adhésion à une religion, n'est aucunement opposée à la promotion d'une législation conforme à la doctrine catholique en matière éthique et sociale. C'est déjà ce que souhaitait Léon XIII avec le "Ralliement" à la République : que les catholiques changent les lois. Nul besoin d'un édit de Fontainebleau (1685) pour cela.
Je pense avoir répondu à chacun des points soulevés.
nb. où Bernanos fait-il l'apologie de la contrainte et de la violence étatique en matière de religion ?
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