retour sur le cas chinois mais je ne partage toujours pas vos conclusions sauf sur un point par Luc Perrin 2026-06-25 12:50:48 |
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Vous distinguez interne/externe comme si l'Église officielle catholique chinoise était une Église sans lien aucun avec la catholicité, type Églises protestantes, anglicanes-épiscopaliennes ou Orientales séparées.
Ce n'est pas la position romaine et cela n'a jamais été la position romaine, pas plus que bien que pour le coup formellement schismatique le clergé constitutionnel français n'était vu comme étranger par la Rome de Pie VI et Pie VII.
Je cite ici la Lettre aux catholiques chinois (2007) de Benoît XVI qui aborde les 3 catégories d'évêque présentes en Chine à cette date et jusqu'en 2018, plus les cas irréguliers devenus rares depuis l'accord mais n'ont pas disparu.
"Actuellement, tous les Évêques de l'Église catholique en Chine sont fils du Peuple chinois. Malgré de nombreuses et graves difficultés, l'Église catholique en Chine, par une grâce particulière de l'Esprit Saint, n'a jamais été privée du ministère de Pasteurs légitimes, qui ont conservé intacte la succession apostolique. Nous devons remercier le Seigneur pour cette présence constante et empreinte de souffrance d'Évêques qui ont reçu l'ordination épiscopale conformément à la tradition catholique, à savoir en communion avec l'Évêque de Rome, Successeur de Pierre, et par la main d'Évêques validement et légitimement ordonnés, dans l'observance du rite de l'Église catholique.
Certains d'entre eux, ne voulant pas être soumis à un contrôle indu exercé sur la vie de l'Église et désireux de maintenir une pleine fidélité au Successeur de Pierre et à la doctrine catholique, se sont vus contraints de se faire consacrer clandestinement. La clandestinité ne rentre pas dans la normalité de la vie de l'Église, et l'histoire montre que Pasteurs et fidèles y ont recours uniquement avec le désir tourmenté de maintenir intègre leur propre foi et de ne pas accepter l'ingérence d'organismes d'État dans ce qui touche l'intime de la vie de l'Église. Pour cette raison, le Saint-Siège souhaite que ces Pasteurs légitimes puissent être reconnus comme tels par les Autorités gouvernementales, avec aussi tous les effets civils — autant qu'ils sont nécessaires — et que tous les fidèles puissent exprimer librement leur foi dans le contexte social dans lequel ils vivent.
À l'inverse, d'autres pasteurs, poussés par les circonstances particulières, ont consenti à recevoir l'ordination épiscopale sans mandat pontifical, mais, par la suite, ils ont demandé de pouvoir être accueillis dans la communion avec le Successeur de Pierre et avec leurs autres Frères dans l'Épiscopat. Considérant la sincérité de leurs sentiments et la complexité de la situation, et tenant compte de l'avis des Évêques les plus proches, le Pape, en vertu de sa responsabilité de Pasteur universel de l'Église, leur a concédé le plein et légitime exercice de la juridiction épiscopale. Une telle initiative du Pape naissait de la connaissance des circonstances particulières de leur ordination et de sa profonde préoccupation pastorale dans la perspective de favoriser le rétablissement d'une pleine communion. Malheureusement, dans la majorité des cas, les prêtres et les fidèles n'ont pas été convenablement informés de la légitimation obtenue par leur Évêque, et cela a donné lieu à de nombreux et graves problèmes de conscience. De plus, certains Évêques légitimés n'ont pas posé de gestes qui prouvaient clairement la légitimation obtenue. Pour cette raison, il est indispensable que, pour le bien spirituel des communautés diocésaines intéressées, la légitimation obtenue puisse être rendue publique dans un temps bref et que les Évêques légitimés posent toujours plus des gestes sans équivoques de leur pleine communion avec le Successeur de Pierre.
Il y a enfin certains Évêques — en nombre très réduit — qui ont été ordonnés sans mandat pontifical et qui n'ont pas demandé, ou qui n'ont pas encore obtenu, la légitimation nécessaire. Selon la doctrine de l'Église catholique, ils sont à considérer comme illégitimes, mais validement ordonnés, dans la mesure où il y a la certitude qu'ils ont reçu l'ordination par des Évêques validement ordonnés et que le rite catholique de l'ordination épiscopale a été respecté. Ces derniers, tout en n'étant pas en communion avec le Pape, exercent validement leur ministère dans l'administration des sacrements, même si c'est de manière illégitime. Quelle grande richesse spirituelle en découlerait pour l'Église en Chine si, présentant les conditions nécessaires, ces Pasteurs parvenaient aussi à la communion avec le Successeur de Pierre et avec tout l'Épiscopat catholique! Non seulement leur ministère épiscopal serait légitimé, mais la communion avec les prêtres et les fidèles qui considèrent l'Église en Chine comme une partie de l'Église catholique, unie à l'Évêque de Rome et à toutes les autres Églises particulières répandues à travers le monde, en serait également enrichie."
Tout est dit et cela rejaillit sur les consécrations à venir au service de la FSSPX.
On voit aussi que l'accord Parolin de 2018 est dans la ligne des efforts antérieurs du Saint-Siège en sautant un pas que les papes avant François (et Léon XIV aujourd'hui) s'étaient refusé à sauter.
Pour ce qui est de votre second point, j'y ai déjà répondu amplement et il y a quantité d'ouvrages à ce sujet qui réfutent l'idée d'une divergence sur les questions de foi catholique. La FSSPX professe les dogmes de la foi catholique, le Credo, les Dix commandements etc. tout ce qui est dogmatique (reprise de définitions antérieures) cité dans les textes de Vatican II et du Magistère post-conciliaire comme l'Église catholique qui est en Chine avant et après l'accord provisoire de 2018.
Pendant longtemps, au passage, l'Église catholique chinoise "patriotique" a ignoré le Novus Ordo Missae : je n'ai plus en tête quand elle l'a adopté et comment dans le détail mais pas avant la fin des années 1980. A vérifier.
La mansuétude du Saint-Siège est motivée comme vous le dîtes, c'est le point où je suis d'accord avec vous : "trouver une solution (erronée à mon avis) qui permettrait aux catholiques plus de "liberté" religieuse.". Il est clair que depuis T.C. (2021) la liberté religieuse des fidèles traditionalistes a été perdue de vue et même niée dans son principe quant au Vetus Ordo et la discipline qui lui est attachée.
Bref il y a bien deux poids et deux mesures et la raison véritable n'est pas à chercher dans une théorie (mandat, apostolicité etc. Benoît XVI développe toutes les questions théoriques ici aussi) mais dans un rapport de force sociologique évident et un sens à géométrie variable du salut des âmes de la part du Saint-Siège.
Que chacun lise cette Lettre aux catholiques chinois de Benoît XVI, elle est très riche et mesurée.
Je voudrais, un rêve, entendre une voix romaine et pourquoi pas celle du Saint-Père dire en adaptant les paroles de Benoît XVI à l'intention des futurs évêques consacrés sans mandat de la FSSPX :
"Quelle grande richesse spirituelle en découlerait pour l'Église [tout entière] (en Chine) si, présentant les conditions nécessaires, ces Pasteurs parvenaient aussi à la communion avec le Successeur de Pierre et avec tout l'Épiscopat catholique!"
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