Vous avez une argumentation en désaccord, d'un prêtre diocésain espagnol par Chouette 2026-06-21 11:35:44 |
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Alors, Ludwik, vous avez un argumentaire d'un prêtre espagnol, diocésain que je vous copie ici, extrait de son compte X
QUESTIONS LEFEBVRIENNES
Plusieurs de mes lecteurs m'ont interrogé au sujet des prochaines consécrations épiscopales de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Eh bien, Voici ma position, exprimée de manière pédagogique sous forme de questions et réponses :
1. Les lefebvriens pécheront-ils mortellement avec ces consécrations épiscopales ?
— Non, absolument pas.
2. N'est-ce pas un acte schismatique ?
— Non, formellement, ce n'en est pas un.
3. Pourquoi formellement ce n'en est-il pas un ?
— Parce que, pour qu'un « schisme parfait » se produise, il est nécessaire qu'existe une intention claire de réaliser un acte schismatique et de constituer, avec les nouveaux évêques, une juridiction hiérarchique parallèle à celle existant dans l'Église catholique romaine. Or, dans ce cas, ni l'un ni l'autre ne se produira.
4. Peut-ce être, au moins, un acte de désobéissance ?
— Oui, en effet, cela l'est, au moins matériellement, puisque Rome ne veut pas que ces consécrations aient lieu.
5. Alors, pèchent-ils mortellement par désobéissance ?
— Non plus, car, dans ce cas, l'intention de l'autorité de la FSSPX, des consécrants et des futurs consacrés semble droite. Ils invoquent l'« état de nécessité », qui justifierait la « désobéissance matérielle ». À cet égard, nous n'avons pas de raisons objectives de douter de leur conscience ni de leur intention droite, qui est le bien des âmes auxquelles ils assistent.
6. Mais il y aura excommunication « latae sententiae », c'est-à -dire automatique et immédiate, n'est-ce pas ?
— D'un point de vue canonique, oui, mais, à mon humble avis, cette excommunication sera nulle ; je pense qu'il y a des raisons théologiques et philosophico-juridiques suffisantes pour en conclure ainsi, bien que je sache que la plupart des canonistes me le nieront depuis une vision purement légaliste. Cependant, je pense que, outre le motif fondamental de l'« état de nécessité », la « raison formelle » pour laquelle cette peine devrait effectivement s'appliquer fait défaut, puisque non seulement il n'y a pas d'intention objective de schisme formel, mais encore on ne créera pas de juridiction parallèle, je le répète.
7. Mgr Lefebvre a-t-il reçu la peine d'excommunication ?
— Oui, comme ces évêques la recevront certainement, mais son excommunication fut elle aussi nulle, car, sur le plan surnaturel du Corps Mystique, cet évêque n'a jamais cessé d'être en communion avec l'Église.
8. Que voulez-vous dire par là ?
— L'essence de la communion est triple, à savoir : doctrinale, sacramentelle et hiérarchique. J'estime donc que Mgr Lefebvre et, par extension, la FSSPX, n'ont nié aucune de ces trois « dimensions essentielles » de la communion ecclésiale.
9. La FSSPX est-elle en communion doctrinale ?
— Bien sûr, elle n'a jamais cessé d'enseigner ce que l'Église a toujours cru.
10. Mais les lefebvriens ne remettent-ils pas constamment en question les documents du Concile Vatican II ?
— Ils ne font pas une remise en cause totale, comme on le croit communément, attendu que, dans leurs textes, il existe des éléments qui font partie du « dépôt de la foi », mais ils abordent, avec un esprit critique, certaines questions « délicates », sur lesquelles une discussion théologique est légitime.
11. Comment pouvez-vous dire cette énormité ?
— Je peux la dire parce que la « nature » même du Concile me le permet.
12. Que voulez-vous dire par là ?
— Je veux dire que Vatican II fut un concile de « nature pastorale », non dogmatique, et, par conséquent, il n'a pas joui du charisme de l'infaillibilité, parce qu'en aucun moment on n'a voulu définir ou condamner quoi que ce soit de manière infaillible ; telle fut la décision expresse de la majorité des Pères conciliaires. Cependant, à l'époque postconciliaire, malgré cette « nature pastorale », certains ont prétendu transformer ce concile en « surdogme ».
13. Surdogme ? C'est un manque de respect. Pourquoi utilisez-vous la rhétorique lefebvrienne ?
— J'emploie en fait les propres mots de Joseph Ratzinger, qui, lors d'une visite aux évêques du Chili (1988), utilisa ces mêmes termes.
14. D'un autre côté, est-il vrai que la FSSPX est en communion sacramentelle ?
— Ses sacrements ne sont pas seulement valides, mais ils sont célébrés selon les rites traditionnels que l'Église emploie de temps immémorial.
15. Mais il est évident que la FSSPX n'est pas en communion hiérarchique, n'est-ce pas ?
— Bien que, au niveau canonique, sa « situation institutionnelle » soit irrégulière et imparfaite, la Fraternité ne cesse de reconnaître le pape de Rome comme pasteur suprême de l'Église universelle. De fait, elle reconnaît et respecte aussi la juridiction de tous les évêques de l'orbe catholique.
16. Donnez-moi une preuve de ce que vous dites ?
— Dans chaque messe de la FSSPX, sans exception, les prêtres nomment, dans le « canon de la messe », le pape et l'évêque du lieu.
17. N'est-ce pas un argument bien faible ?
— Par Dieu, non. La manifestation la plus formelle et publique de la reconnaissance hiérarchique se donne précisément dans la sainte messe, concrètement dans le canon.
18. Êtes-vous lefebvrienne ou philolefebvrien ?
— Ni l'un ni l'autre, monsieur ; je vais librement. Je suis simplement catholique et, à ce titre, j'ai l'esprit critique, c'est-à -dire la bonne habitude d'employer la raison et le jugement de discernement.
19. Mais il semble que vous soyez d'accord en tout avec la FSSPX ?
— Non, je ne le suis pas. Sur certaines attitudes et questions, je ne suis pas d'accord, mais celles-ci, à mon avis, sont secondaires et accidentelles. Sur l'« essentiel », je suis à 100 % d'accord avec la Fraternité et, par conséquent, je ne contribuerai pas à sa « démonisation » publique injuste et disproportionnée.
20. Pouvez-vous me dire ce qu'est l'essentiel ?
— L'« essentiel » est sa « catholicité ». Point final.
21. Mais ne vous inquiète-t-il pas le « glissement » des lefebvriens ?
— Il m'inquiète plus la foule d'hétérodoxes, de blasphémateurs et de sacrilèges qui pullulent partout, surtout en Allemagne. Il m'inquiète aussi le double standard qui semble exister au moment d'appliquer peines et censures de la part de l'autorité ecclésiastique.
22. Alors, quelle solution voyez-vous au problème lefebvrien actuel ?
— Premièrement, je crois que Rome devrait être bienveillante et accepter formellement la consécration de ces prochains évêques, tout en reconnaissant les fruits spirituels de l'apostolat de la FSSPX. Je pense que ce serait un véritable geste de miséricorde et d'intelligence ; ces deux choses ne s'excluent pas.
23. Ne craignez-vous pas qu'on vous critique pour ces opinions ? Non, parce que je suis prêtre de l'Église catholique, non le pasteur d'une secte, et, à ce titre, avec respect je peux et je dois déployer, dans ma vie de foi, la véritable liberté des enfants de Dieu.
Jaime Mercant Simó, majorquin, philosophe thomiste et juriste, actuellement directeur de la Bibliothèque diocésaine de Majorque et professeur de philosophie au Centre d’Études Théologiques de Majorque (CETEM).
Parcours académique
Il est né à Palma de Majorque le 6 décembre 1980 et a été ordonné prêtre pour le diocèse de Majorque le 14 octobre 2007.
Il est docteur en études thomistes (philosophie) de l’Université Abat Oliba CEU (Barcelone), avec prix extraordinaire de doctorat, et docteur en droit et sciences sociales (spécialité philosophie juridique) à l’UNED de Madrid.
Spécialisations et travaux
Sa première thèse de doctorat porte sur la métaphysique du connaître chez Karl Rahner, analysant notamment l’ouvrage « Geist in Welt » (« Esprit dans le monde »), et a été soutenue en 2017 avec la mention cum laude.
Il a publié plusieurs ouvrages et articles sur Karl Rahner et la destruction de la métaphysique, ainsi que sur les fondements philosophiques de la doctrine juridique de Domingo de Soto.
Activité théologique et pastorale
Il est membre de la Société internationale Thomas d’Aquin (Thomas Aquinas International Society) et professeur de philosophie au séminaire/centre d’études théologiques du diocèse de Majorque.
Sur le plan pastoral, il est curé des paroisses de Son Servera, Sant Llorenç des Cardassar et Son Carrió, tout en continuant un troisième doctorat en théologie à l’Université Catholique de Toulouse, dans la spécialité « Tradition thomiste et pensée médiévale ».
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