En synthèse sur ce sujet par Signo 2026-06-24 00:45:36 |
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Je pense que l’on se focalise trop dans nos réflexions sur cette question sur la volonté ou le refus du pape.
C’est oublier à mon sens que le critère papal n’est que l’expression d’un critère supérieur, celui de l’Eglise. Les actes du magistère du pape n’ont pas de valeur parce que c’est le pape, mais parce que le pape est l’organe de l’Eglise, qui s’exprime à travers lui. L’infaillibilité du pape n’est que l’infaillibilité de l’Eglise qui s’exprime à travers cet organe particulier.
Durant les premiers siècles, ce n’était pas le mandat papal qui était le critère permettant de discerner si une consécration épiscopale était ou pas un acte de l’Eglise, mais le fait qu’il soit effectué par trois évêques consécrateurs légitimes.
Ce critère des trois évêques légitimes permettait de garantir que c’était bien le collège épiscopal catholique qui choisissait et intégrait un nouveau membre. Cela permettait d’éviter les consécrations « sauvages ».
Or il me semble que ce n’est pas le fait de savoir si l’accord du pape est de droit divin qui devrait être le centre de nos débats, mais le fait de savoir si il est de droit divin que la consécration épiscopale soit un acte exclusif de l’Eglise.
Or il me semble bien que la réponse à cette question ainsi reformulée est oui, c’est le collège apostolique, prolongé dans le collège épiscopal universel (dont l’évêque de Rome est le chef, mais cela est secondaire), qui possède, de droit divin, la prérogative exclusive de choisir et incorporer de nouveaux membres en son sein.
Maintenant cela signifie-t’il que toute consécration effectuée en dehors du corps ecclésial serait forcément schismatique ?
Pour ne pas donner une réponse trop facile à cette question grave, il faut commencer par dire qu’une consécration épiscopale conférée en dehors du collège épiscopal légitime ne peut pas transmettre l’épiscopat catholique dans sa plénitude et qu’il doit généralement être considéré comme un acte schismatique. L’évêque ainsi consacré est un évêque materialiter mais pas formaliter. Il est en quelque sorte un pseudo-évêque, dénué d’une pleine apostolicité et donc de l’autorité que l’apostolicité confère à l’épiscopat.
Cependant, il faut aussi admettre le fait que dans la Nouvelle Alliance, même une loi divine peut admettre des exceptions. L’exemple évangélique de la guérison le jour du sabbat le démontre expressément. Et concernant cette question de l’épiscopat, une analyse approfondie de la discipline (l’apparition très tardive de l’excommunication latae sententiae) ainsi que de l’enseignement de l’Eglise (Lumen Gentium) laisse à penser qu’il existe une très étroite fenêtre permettant, à certaines conditions bien précises et dans un contexte d’urgence particulièrement grave, de procéder à une consécration en dehors des signes que la tradition de l’Eglise a choisis pour manifester le fait que la consécration est proprement un acte du collège apostolique (c’est à dire soit la présence des trois évêques consécrateurs légitimes, soit le mandat papal). Ainsi Lumen Gentium a restreint la nécessité de la communion hiérarchique au seul exercice de la fonction de gouvernement, c’est à dire à la mission canonique, sans l’appliquer à la transmission de cette fonction par la consécration épiscopale.
Mais, et c’est là un élément essentiel, une telle consécration n’est possible, à mon avis, que dans la mesure où certaines conditions essentielles sont remplies:
- que cette consécration s’effectue dans une situation d’urgence d’une gravité telle qu’elle constitue la seule option permettant d’empêcher un mal grave et irrémédiable d’advenir;
- ces évêques ne peuvent pas prétendre à être autre chose que ce qu’ils sont réellement, c’est à dire des pseudo-évêques (donc bien moins que des évêques auxiliaires!) marqués d’une incomplétude fondamentale et d’une tare que seule une régularisation canonique et donc une intégration dans le collège peut effacer;
- en conséquence, ils doivent manifester leur sens de l’Eglise en recherchant activement leur intégration dans le collège épiscopal, et à demander cette intégration dès que possible.
C’est à mon sens dans la mesure où ces conditions sont réunies que les sacres du 1er juillet peuvent être considérés comme légitimes.
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