il est rare voire inconnu que le Saint-Siège procède à une nouvelle consécration par Luc Perrin 2026-06-22 11:36:51 |
|
Imprimer |
vous excuserez l'historien de ne pas être très sensible à la théorie pure quand il s'agit de la vie de l'Église romaine.
Pour que votre théorie pure cher Réginald s'applique, l'application c'est la vie n'est-ce pas, il faudrait que le Saint-Siège ait dans l'histoire mis en oeuvre votre théorie - celle de l'abbé Mura X Y Z.
Or les évêques reçus dans la pleine communion par Rome après un temps d'excommunication/suspension ou autre sanction n'ont pas été consacrés à nouveau. Cela vaut pour Mgr Rangel mais pour de nombreux évêques chinois depuis 1950, dès avant l'accord de 2018, et cela s'est produit depuis 2018 avec certains évêques chinois désignés et consacrés en dehors des dispositions secrètes dudit accord mais admis avec un délai dans la pleine communion sous François.
Aucune consécration réitérée non plus pour les évêques constitutionnels français qui sont désignés avec l'aval de Rome à la suite de 1802 pour un quart des sièges concordataires.
Il me semble aussi que la Rome de Jean Paul II, Benoît XVI, François et pour le moment Léon XIV n'a jamais dénié le caractère valide, bien qu'illicite, des consécrations de 1988 puis de celle de Mgr Rangel en 1991 sans mandat et par 3 évêques FSSPX excommuniés formellemment.
Il y a bien sûr un acte sous une forme ou une autre de réintégration au plan de la juridiction, apostolicité diminuée avant. L'appartenance au Collège épiscopal universel est de ce fait sans effet de gouvernement, ils ne sont pas convoqués à un éventuel concile oecuménique par ex.
La question des ordres s'est posée pour les ordinaires catho-anglicans et certains, de mémoire, ont dû passer par des ordinations pleinement valides cette fois.
J'ajoute qu'il a été débattu longuement dans ce fil ou un autre du pouvoir de gouvernement qui évidemment fait partie de la fonction épiscopale dans son nom "surveillant".
Toutefois, certains théologiens post-conciliaires (peut-être avant déjà ) ont critiqué la situation des évêques auxiliaires dépourvus de fait et de droit de pouvoir de gouvernement puisqu'ils reçoivent leurs pouvoirs de l'évêque résident.
Le cardinal Veuillot emporté par le cancer au terme d'un bref épiscopat parisien (mais il avait été plus longtemps Coadjuteur avec future succession) avait délibérément obtenu un Auxiliaire sans aucun pouvoir de gouvernement pour le soulager des cérémonies semi officielles, des baptêmes etc. "mondains". Cet évêque auxiliaire - consacré avec mandat - n'avait donc qu'une fonction sacramentelle.
Les anciens vicaires apostoliques rentrés en métropole ont eu aussi une activité purement sacramentelle, de suppléance de l'évêque résident. Mgr Hauger est connu dans l'Alsace annexée par les nazis entre 1940 et 1944 pour avoir été présent, Mgr Ruch à Périgueux ayant été empêché de revenir dans son diocèse.
Avoir des évêques réduits à une fonction uniquement sacramentelle, à l'enseignement/prédication sans pouvoir de gouvernement effectif n'a donc rien d'exceptionnel ou d'inconnu dans la vie de l'Église.
Autrement les distinctions posées dans votre dialogue avec Signo en particulier me semblent pertinentes mais la théorie doit, à mon très humble avis, être toujours confrontée au réel, aux décisions pratiques officielles et c'est là , dans la pratique, que la "perplexité" des catholiques se déploie. Tellement le grand écart est visible entre la théorie pure, solennellement proclamée, et les actes du Saint-Siège.
Je précise que je suis à l'aise avec ce grand écart qui est souvent requis pour le bien des âmes.
Saint Jacques, et bien d'autres, nous invitent à regarder les actes qui vont avec les bonnes paroles.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|