Il n'y a aucune utilité ni aucune nécessité de définir la possibilité de faire infailliblement ce qu'on a déjà fait infailliblement.
Avez-vous un exemple précis mais généralisable ? Comment savez-vous qu’elle l’a déjà fait infailliblement, en ne sachant pas si cela est possible, et a fortiori comment ?
Ainsi, parce que jadis des clercs ont défini des faits dits dogmatiques qui étaient vrais, dont certains à juste titre, tous seraient infaillibles ?
L’Église a-t-elle seulement le droit de définir n’importe quel fait comme dogmatique ? J’en doute.
Je ne crois pas, en ce qui me concerne, que l’Église peut tout définir, et tout présenter comme infaillible. Il y a des choses qui ne sont pas de son domaine. Il existe des abus de droit même au sein de l’Église.
Enfin, je remarque que pour vous il n’y a que les « jansénistes » qui cherchaient à noyer le poisson, et qu’ils fallait mater à coup de formulaires (pratique courante, vraiment ?) À aucun moment ne vous vient à l’esprit que les molinistes auraient voulu condamner, à travers Jansen, leurs opposants thomistes et augustiniens. Comme quoi, il y a bien des bonnes et des mauvaise théories du complot.
Enfin, vous avez beau jeu de tresser des couronnes de justice et d’infaillibilité à une institution qui, pour vous, n’est plus. Les avantages sans les inconvénients, en quelque sorte. Au moins vous ne risquez pas d’être condamné par l’autorité inexistante que vous vénérez. Je comprends mieux votre manque de compassion pour les anciennes victimes des abus pontificaux, car vous vous pensez confortablement hors d’atteinte, vous ne courez aucun risque.
Cela dit, vous ne défendez heureusement pas le formulaire de Louis XIV, pire que celui d’Alexandre VII. Le formulaire de Louis XIV se prononçait bien contre Jansen lui-même, en plus du texte de son livre.
Au moins permettez-vous aux jansénistes de trouver abusif le formulaire qu’on leur a effectivement ordonné de signer, différent de celui d’Alexandre VII.