Mais de quoi parlez-vous ? par Meneau 2017-12-03 00:17:16 |
|
Imprimer |
Je croyais que nous parlions des "faits dogmatiques", à savoir les faits en lien nécessaire avec la Révélation ?
A ce compte-là vous auriez aussi pu citer St Thomas :
Dans les autres décisions qui se rapportent à des faits particuliers, comme lorsqu’il s’agit de possessions, de crimes ou de choses de ce genre, il est possible que le jugement de l’Église se trompe en raison de faux témoins.
Quodlibet 9, q8Mais la canonisation des saints est à mi-chemin entre ces deux choses. Toutefois, parce que l’honneur que nous manifestons aux sains est une certaine profession de foi par laquelle nous croyons à la gloire des saints, il faut croire pieusement que le jugement de l’Église ne peut se tromper même dans ces choses.
<1> Le pontife, à qui il appartient de canoniser les saints, peut être assuré de l’état de quelqu’un par l’enquête sur sa vie et par l’attestation de ses miracles, et surtout par l’inspiration de l’Esprit Saint, qui scrute tout, même les profondeurs de Dieu (1 Co 2, 10).
<2> La divine providence préserve l’Église afin qu’elle ne se trompe pas dans de telles choses à cause du témoignage faillible des hommes.
Afin que soit totalement coupée désormais toute occasion d'erreur, et que tous les fils de l'Eglise catholique apprennent à écouter cette même Eglise, non seulement en se taisant (car les ennemis également se taisent dans les ténèbres 1S 2,9, mais également par l'obéissance intérieure, laquelle est la véritable obéissance de l'homme à la foi droite, Nous décidons, déclarons, déterminons et ordonnons en vertu de la même autorité apostolique par cette constitution qui est la nôtre et qui vaudra toujours, qu'on ne satisfait aucunement par ce silence respectueux à l'obéissance due à la constitution apostolique précitée ; mais que le sens condamné dans les cinq propositions de Jansénius précitées, que les termes de celles-ci expriment comme il est exprimé, doit être rejeté et condamné comme hérétique par tous les fidèles, non seulement de bouche, mais de coeur ; et que le formulaire susdit ne peut pas être signé licitement avec une autre intention, un autre esprit ou une autre conviction, de sorte que tous ceux qui sur tous ces points et sur chacun en particulier pensent, tiennent, enseignent oralement ou par écrit, ou affirment autre chose ou l'opposé, transgressent la constitution apostolique précitée et sont de ce fait sous le coup de toutes et de chacune des censures qu'elle contient.
DS 2390" Moi N., je me soumets à la constitution apostolique du souverain pontife Innocent X en date du 31 mars 1653 et à la constitution du souverain pontife Alexandre VI en date du 16 octobre 1656, et je rejette et condamne d'un coeur sincère les cinq propositions tirées du livre de Cornelius Jansen qui porte le nom d'Augustinus, et au sens visé par l'auteur lui-même, comme le Siège apostolique les a condamnées par lesdites constitutions, et je jure donc : Que Dieu me soit en aide et ces saints évangiles. "
DS 2020Pour savoir au vrai quel a été le sentiment de Bellarmin touchant l'infaillibilité de l'Eglise quant aux faits dogmatiques, il se faut adresser aux lieux où il en traite à fond et de dessein formé, et non pas à un lieu particulier de cet Auteur, où il n'en jette qu'un mot à la traverse et en passant. Or il est certain qu'au livre De Romano Pontifice, où il en parle, ex professo, il enseigne par assertion expresse que Summus Pontifex cum totam Ecclesiam in ijs quae ad finem pertinent, nullo casu errare potest. Le Souverain Pontife ne peut errer en aucun cas, lorsqu'il s'agit d'instuire l'Eglise touchant des choses qui appartiennent à la Foi. Or on ne contestera je crois pas que la constitution d'Innocent X sur les cinq propositions ne soit un enseignement qu'il donne à toute l'Eglise touchant une chose qui regarde la Foi, même en tant qu'elles sont attribuées à Jansénius, parce qu'il est dangereux de s'y tromper, et qu'il est nécessaire de savoir si le sens de cet Auteur est contraire à la Foi ou non. Or personne ne doute que ce soit à l'Eglise de pourvoir à cette nécessité, et de prévoir ce danger. Il enseigne encore la même chose au livre 3 de De verbi Dei interpretatione; et ailleurs, où il prouve que l'Eglise est juge infaillible des controverses qui regardent la Foi. Or est-il que les faits dogmatiques sont choses qui regardent la Foi. Donc.
Quant à cet endroit particulier du même Auteur, j'observe que l'Apologiste ne le rapporte qu'en partie et qu'il supprime celle qui peut donner occasion à son lecteur de se défier du peu de solidité de cet exemple d'Honorius, afin d'en cacher toujours le défaut.
(...)
Vous me direz de même : Bellarmin a dit que l'Eglise peut errer quant aux faits; ajoutez non doctrinaux et nous voilà d'accord. Mais que ne l'a-t-il ajouté lui-même ? Je vous reponds comme St Augustin que c'est parce que Bellarmin parlait dans l'Eglise Catholique où personne ne s'était encore avisé de contester à l'Eglise son infaillibilité touchant ces sortes de faits. On n'avait jamais mis en question si on était obligé de la croire quant elle prononce sur la doctrine ou fait doctrinal des particuliers, on ne se défiait point de ce nouvel emploi ou abus de la distinction de fait et de dogme. Tali quaestione nullus pulsabatur, vobis nondum litigantibus securius loquebatur. Voilà le tuto dicere possumus de Bellarmin. Ces Docteurs se fussent bien passé à la vérité de nous donner une si mauvaise solution; et il ne faut point douter qu'ils s'en fussent bien gardé s'ils eussent eu les Jansénistes en tête, ou s'ils eussent pu prévoir combien ou pouvait abuser de cette distinction contre l'infaillibilité de l'Eglise. Mais comme rien ne périclitait pour lors, ils n'ont point ajouté cette exception, dont ils ne voyaient point encore la nécessité. Mais que faut-il dont faire à cela ? Ce que St Augustin a fait pour justifier la réponse à l'égard de St Chrysostome, qui est de montrer qu'on abusait de son témoignage, en rapportant d'autres passages du même Père, qui faisaient voir qu'il avait reconnu la distinction du péché originel et du personnel. Et c'est ce que nous avons déjà fait à l'égard de Bellarmin , en prouvant que là où il traite de propos délibéré de l'infaillibilité, il n'en exclut point les faits dogmatiques.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|