Lorsque je parle de « peut se comprendre » ou de « peut prêter à malentendu », c’est pour reconnaître honnêtement que ce texte, comme bien d’autres dans l’histoire de l’Église, demande à être interprété et compris correctement.
Car en réalité, tout texte, par nature, s’offre à l’interprétation. C’est inhérent au langage humain : les mots ne s’imposent jamais de manière mécanique, ils demandent à être situés et compris. A l’inverse, refuser d’interpréter un texte, c’est en réalité refuser de le lire en vérité. C’est se priver de toute intelligence de la foi.
L’histoire de l’Église le montre abondamment. Il n’y a qu’à penser aux définitions du concile de Chalcédoine, qui ont pourtant donné lieu à la rupture avec les monophysites, convaincus à tort qu’y subsistait un parfum de nestorianisme. On peut aussi rappeler certaines formulations du concile de Trente, notamment sur la justification ou la grâce, que le jansénisme a su détourner pour soutenir une théologie rigide et contraire à la miséricorde divine. Comme le note justement Jean Delumeau : « Le jansénisme était en germe dans les décrets et les silences du concile de Trente. »
On donc peut mal comprendre Dei Verbum, certes. Mais on peut et on doit le comprendre correctement, selon une lecture droite, éclairée par la Tradition.
Ce n’est pas l’existence d’interprétations erronées qui doit nous guider, mais l’exigence d’une lecture enracinée dans le Magistère antérieur et en continuité avec la foi reçue des Apôtres.
Bref, qu’elle vienne de ceux qui rejettent l’autorité de la Tradition ou de ceux qui refusent le développement authentique du Magistère, toute herméneutique de rupture conduit inévitablement à s’éloigner de l’Église.
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