Il n’y a strictement rien d’ambigu dans ce texte, mais au contraire une clarification plus que bienvenue.
Pour le comprendre il faut revenir à ce qu’est une source d’eau: c’est le premier endroit d’où jaillit de manière visible une eau pure qui jusque là était cachée sous terre.
Appliquée à la Révélation, cela désigne le premier « endroit » et le premier « moment » où la vérité divine entre dans notre monde: c’est Jésus-Christ lui-même, qui est la Parole du Père.
C’est Jésus-Christ qui, par sa prédication et son exemple, et en définitive sa personne elle-même, impulse dans l’histoire un mouvement spirituel dans lequel ultérieurement on va distinguer deux réalités étroitement liées l’une à l’autre: la Tradition, puis l’Ecriture. Ces deux réalités ne sont donc pas des sources, mais bien plutôt des canaux acheminant l’eau de la Révélation de la source unique et primordiale (le Christ Verbe de Dieu) jusqu’à nous.
C’est le sens de ce que dit Dei Verbum:
La sainte Tradition et la Sainte Écriture sont donc reliées et communiquent étroitement entre elles. Car toutes deux, jaillissant de la même source divine, ne forment pour ainsi dire qu’un tout et tendent à une même fin.
Par ailleurs j’en profite pour dire que je suis littéralement halluciné par la dérive qu’il y a eut en Occident consistant à réduire l’acte de foi à l’adhésion à simplement une liste de vérités abstraites à croire pour être sauvé, et que vous semblez défendre. Cette vision considérablement appauvrie de la foi réduit presque la religion à une idéologie comme une autre, à une démarche purement intellectuelle, cognitive, mais sans lien avec la vie profonde et l’existence même du croyant. Tout cela est lié à ce qu’était devenue la théologie trinitaire avant le Concile: sous prétexte de vouloir sauvegarder l’indifférenciation des Personnes divines entre elles, on en est arrivé à ne concevoir la Trinité que de manière abstraite, comme un espace de schéma flottant dans le ciel mais sans rapport avec la vie personnelle et intérieure de l’homme. On a ainsi totalement perdu de vue que la vie chrétienne est d’abord une vie intra trinitaire : en devenant, par la conformation avec le Christ Fils de Dieu, fils de Dieu lui-même, le chrétien s’offre au Père dans l’unique Esprit en sacrifice d’agréable odeur, et, par là, entre dans la vie divine. C’est aussi le sens du Saint-Sacrifice de la Messe auquel doivent s’unir les fidèles, comme l’indique le
Per Ipsum.
Cela ne signifie pas évidemment que l’idée de vérités à croire disparaît, mais cela est secondaire à l’acte de foi personnel du croyant et communautaire de l’Eglise comme réponse à l’initiative divine. Il s’agit alors d’adhérer à toutes les vérités enseignées par l’Eglise pour que le Dieu auquel on répond par la foi soit le vrai Dieu et non pas une idole que notre imagination aurait forgée. Mais ce n’est pas ça l’essence de la foi, qui engage tout l’homme et non seulement sa part cognitive ou intellectuelle. Sur ce point là je souscris au commentaire de Réginald et il est évident que le Concile nous a apporté un progrès considérable par rapport aux précédentes formulations.
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