Le magistère que vous évoquez, qui serait le produit de l'intervention ponctuelle du pape et des évêques pour rectifier des points de doctrine antérieure, par qui a-t-il été défini comme tel ?
Je vous pose la question sans aucune ironie, je cherche à comprendre en quoi votre vision du magistère, conçu manifestement comme quelque chose de biologique, diffère-t-elle de l'historicisme condamné par Saint Pie X dans Pacendi.
Quand vous écrivez :
Bien sûr que le magistère précédent était incomplet, de même que le magistère actuel, qui sera complété, amendé, développé par le magistère de demain. Ça s’appelle la vie
Je me demande ce qui vous permet d'affirmer que le magistère n'était pas complet. C'est tout à fait différent d'affirmer que le magistère consiste à enseigner LA MÊME CHOSE au cours des siècles, mais dans les termes et d'une manière adaptés à chaque époque, et de dire que le magistère doit s'adapter à la conscience du peuple chrétien pour qu'il puisse vivre les vérités révélées en dehors des exposés dogmatiques que vous dénoncez...
Je suis beaucoup plus convaincu par vos propos sur le risque réel de faire de la foi une réalité abstraite. En revanche (et je vous pose la question sans aucune malice), je me demande à qui pouvez-vous bien faire référence quand vous dénoncez les deux extrêmes théologie abstraite / piété sentimentale. Honnêtement, je n'ai jamais rencontré de fidèles très académiques dans leur théologie, qui ne soient en même temps portés par une vraie vie intérieure, nourrie par toutes les dévotions que vous citez. Et réciproquement. Vous ne trouvez pas justement que ce sont les énoncés théologiques mal compris car trop ambigus, historicistes, qui ont besoin d'herméneutique, qui découragent les fidèles et qui se tournent vers des dévotions purement sentimentales ? A l'inverse, les dévotions bien comprises conduisent toujours à un approfondissement théologique salutaire, à mon sens.
Vous avez également écrit il y a quelques temps, de mémoire, que vous trouviez la spiritualité du courant traditionnaliste, comme n'étant pas vraiment traditionnelle. Si vous dénoncez aussi bien le traditionalisme - dans ce qu'il véhicule de spiritualité théologique j'imagine - que le courant moderne conservateur, dans quelle ligne vous situez-vous ? Benoit XVI est-il un moderne conservateur à vos yeux ?