Assez d'accord avec vous par Candidus 2025-06-23 12:40:34 |
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Derrière chaque grand réformateur, il y avait la possibilité que celui-ci devienne un hérétique ; et derrière chaque grand hérétique, celle de devenir un grand saint réformateur. À chaque fois, le destin a vacillé sur un fil ténu.
C'est un thème abordé par Bernanos : " J'ai toujours cru que les grands hérésiarques qui ont ravagé l'Eglise auraient pu aussi bien en devenir la gloire, qu'ils avaient été choisis, séparés, marqués pour un destin extraordinaire, une merveilleuse aventure. Je suis donc logiquement forcé de croire aussi qu'ils avaient reçu des grâces sans prix, qu'ils les ont dissipées, qu'ils ont jeté au vent, perdu en vaines disputes, des richesses spirituelles immenses, incalculables, qui eussent peut-être suffi à rassasier pendant des siècles l'innocente chrétienté...
Il est possible que saint François d'Assise n'ait pas été moins révolté que Luther par la débauche et la simonie des prélats. Il est même certain qu'il en a plus cruellement souffert, car sa nature était bien différente de celle du moine de Weimar. Mais il n'a pas défié l'iniquité... il s'est jeté dans la pauvreté... Au lieu d'essayer d'arracher à l'Eglise les biens mal acquis, il l'a comblée de trésors invisibles, et sous la douce main de ce mendiant le tas d'or et de luxure s'est mis à fleurir comme une haie d'avril...
Martin Luther était le réformateur né. Il y a des réformateurs dont le destin tragique nous paraît explicable... Martin Luther... cet homme fort... s'est affolé... on l'a vu prendre le mors aux dents."
Cela est d'autant plus vrai que ce qui sépare l'hérésie de l'orthodoxie n'est pas tant une erreur qu'une vérité absolutisée. Toute hérésie est une vérité hypertrophiée qui conduit à négliger une vérité contraire.
Blaise Pascal soulignait : "L'hérésie n'est pas le contraire de la vérité, mais l'oubli de la vérité contraire".
Les docètes et les ariens n'affirmaient rien de positivement faux en disant les uns que le Christ était Dieu, les autres qu'il était un homme, mais les deux sombraient dans l'hérésie en refusant de voir les uns que le Christ était aussi parfaitement homme, les autres qu'il était aussi parfaitement Dieu.
Nous devons "tenir toujours fortement les deux bouts de la chaîne quoiqu'on ne voie pas toujours le milieu par où l'enchaînement se continue" (Bossuet).
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