Comprendre Dei Verbum à la lumière de Vatican I par Réginald 2025-06-26 21:23:15 |
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Si je vous comprends bien, vous exprimez une certaine gêne à l’égard de cette phrase de Dei Verbum (§8) :
« L’Église, à mesure que se déroulent les siècles, tend toujours à la plénitude de la vérité divine, jusqu’à ce que les paroles de Dieu reçoivent en elle leur consommation. »
Cette affirmation peut pourtant se comprendre assez aisément, si l’on considère, par exemple, les progrès de la christologie durant les premiers siècles. Faut-il rappeler qu’il fallut plusieurs conciles pour que l’Église formule avec précision toutes les implications du fait que le Christ est vrai Dieu et vrai homme ? (Contre l’arianisme au concile de Nicée, le nestorianisme à Éphèse, le monophysisme à Chalcédoine , ou encore le monothélisme à Constantinople III).
Peut-être l’expression « jusqu’à ce que les paroles de Dieu reçoivent en elle leur consommation » prête-t-elle à malentendu. Il ne s’agit nullement de suggérer que la Parole de Dieu serait incomplète, et que l’Église viendrait la perfectionner peu à peu. Le mot consommation (du latin consummatio) signifie ici accomplissement, réalisation ultime, réception intégrale.
Le Larousse le définit d’ailleurs comme : « Action d'amener quelque chose à son terme, à son maximum » — ce qui exprime bien l’idée d’achèvement, et non de transformation progressive.
Permettez-moi enfin de vous faire observer que contester cette affirmation (entendue, bien sûr, dans son sens catholique et non évolutionniste) revient à admettre l’énoncé inverse :
« L’Église, en avançant dans le temps, s’éloigne de la vérité, et rien ne garantit que la consommation des paroles divines s’accomplisse en elle. »
Or, une telle proposition serait manifestement contraire à la foi catholique, qui affirme l’assistance indéfectible de l’Esprit Saint et la croissance homogène de l’intelligence de la foi au cours des siècles.
C’est exactement ce que réaffirme solennellement le concile Vatican I, dans la constitution Dei Filius (ch. IV, 1870), qui reconnaît explicitement un progrès authentique dans la compréhension de la foi par l’Église elle-même :
« Que l’intelligence, que la science, que la sagesse croisse et progresse, d’un mouvement vigoureux et intense, en chacun comme en tous, dans le fidèle comme dans toute l’Église, d’âge en âge, de siècle en siècle : mais seulement dans son genre, c’est-à-dire selon le même dogme, le même sens, la même acception. »
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