Vous ne m’avez pas compris par Signo 2025-06-25 15:26:54 |
|
Imprimer |
Et surtout vous parlez d’autre chose.
Bien sûr que le magistère précédent était incomplet, de même que le magistère actuel, qui sera complété, amendé, développé par le magistère de demain. Ça s’appelle la vie.
Et non ce n’est pas le magistère qui fait les saints. Ce qui fait les saints c’est d’abord le Saint-Esprit, et puis l’œuvre de la grâce à travers la prière, les sacrements, les œuvres de charité.
Mais n’oublions pas que les saints sont une infime minorité en comparaison de la totalité du nombre de fidèles. Le problème est qu’un certain magistère, lui-même influencé par une certaine théologie, influence les manuels employés dans la pastorale, et par là, influencent l’esprit religieux d’une époque. Or le problème que je dénonce existe toujours dans certains milieux, notamment conservateurs: faire de la foi une réalité abstraite, purement extrinsèque à la vie profonde de l’homme: un pur assentiment de la raison à des concepts théoriques. Je connais personnellement des gens qui ont versé dans ces travers. Ils en sont à réduire la théologie à n’être qu’une addition de syllogismes abstraits accompagné d’un recours maniaque à l’argument d’autorité dont le Dentziger fournit la matière première. Les vérités de foi sont brandies comme des armes de polémique et non comme des réalités surnaturelles à contempler et dont la vie intérieure doit se nourrir. C’est une maladie typique du catholicisme moderne conservateur. C’était un peu la maladie de Rod Dreher et la raison qui explique sa conversion à l’orthodoxie: quand on réduit la vie de foi à l’adhésion purement cognitive à des vérités abstraites, il est évident qu’une telle approche s’effondre comme un château de cartes à la moindre crise un peu sérieuse et conduit à la perte de la foi.
Le magistère des papes et des évêques n’a jamais eu vocation à présenter une doctrine complète de la foi. La plupart du temps il réagit à un problème bien spécifique et essaie d’y apporter la réponse la plus juste possible, avec les limites propres à une époque. Ni Vatican II, ni Trente, ni aucun des conciles de l’Eglise n’a présenté une synthèse exhaustive de la foi. Il s’agit toujours de répondre à une hérésie, de rééquilibrer la formulation d’une vérité auparavant présentée d’une manière par trop déséquilibrée, de donner une réponse chrétienne à un problème concret et circonscrit dans le temps. D’où la nécessité d’une reformulation permanente de certains aspects de la doctrine.
Mais je vous rassure, je suis loin de considérer notre époque comme supérieure à celles qui nous ont précédé : je pense même l’inverse, pour tout un tas de raisons. Mais ça ne change rien au fait que la formulation de Vatican II sur la Révélation est supérieure à celle qui précédait. Et dire cela non seulement ne signifie en rien l’affirmation d’une supériorité globale de notre époque sur celles qui nous ont précédé, mais c’est presque l’inverse, car on commence à formuler correctement des réalités au moment même où ces réalités commencent à disparaître.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|