Quand on analyse l’histoire des schismes… par Signo 2025-06-22 13:17:22 |
|
Imprimer |
… et des hérésies, on s’aperçoit que presque à chaque fois, ce sont les catholiques de l’Eglise officielle qui en portent la responsabilité par leur mauvais comportement, leur immoralité, ou leurs déviances doctrinales.
Le schisme donatiste dans l’Eglise ancienne était un schisme intégriste provoqué par des durs qui refusaient la réintégration des lapsi dans la communion ecclésiale, réagissant à un certain laxisme des autorités.
Lors du grand schisme avec l’Eglise d’Orient (progressif, à partir du au XIe siècle), on s’aperçoit que ce sont les Latins qui en portent la responsabilité: ce sont eux qui ont introduit unilatéralement le Filioque dans le Symbole de Nicée-Constantinople, puis qui ont mis à sac Constantinople, etc.
La Réforme protestante n’aurait peut-être pas eu lieu s’il n’y avait pas eu le trafic des indulgences, l’immoralité et la corruption des papes et du clergé, la décadence de la piété religieuse, de nombreuses pratiques plus ou moins superstitieuses, etc. Rappelons que Luther croyait en l’Immaculée Conception et qu’au début il contestait le trafic des indulgences mais ne remettait pas en cause le principe de l’indulgence lui-même.
Le schisme de la Petite Église est issu d’un contexte politique qui a poussé Pie VII à prendre une mesure sans précédent dans l’histoire de l’Eglise et contraire à la tradition : demander la démission d’évêques pourtant légitimes.
Le schisme de l’Eglise vieille-catholique n’est qu’une réaction à l’ultra montanisme excessif et déséquilibré du catholicisme de la fin du XIXe siècle, etc.
Donc aujourd’hui on considère comme évident que tous ces gens se sont trompés, mais si nous étions mis dans leur contexte, les choses ne seraient pas si simples. En réalité les schismatiques et hérétiques ont souvent raison, au moins au début et jusqu’à un certain point. Le fait d’avoir évidemment raison, et le fait de se heurter à l’entêtement ou à la décadence ou aux maladresses des autorités légitimes, les pousse petit à petit à durcir leurs positions, selon un processus progressif qui, au delà d’un certain point, mène au schisme.
Il en est de même aujourd’hui d’un certain traditionalisme. Oui, la réforme liturgique a été mal conçue, excessivement radicale, et qu’en définitive c’est une mauvaise réforme, en dépit de quelques éléments positifs. Nous avons raison sur ce point, quoi qu’en disent les autorités. Oui il y a des ambiguïtés regrettables dans Vatican II. Oui la crise de l’Eglise est gravissime et les évêques et même les papes post-conciliaires en portent une lourde responsabilité. Mais le fait d’avoir raison sur tous ces points ne doit pas nous autoriser à introduire dans notre vocabulaire des idées fausses, des termes mal employés ou inexacts (comme « nous sommes la Tradition », ou bien « messe de toujours », etc) car ces maladresses qui au début peuvent apparaître inoffensives, peu à peu durcies et radicalisées, peuvent nous amener vers l’hérésie ou au moins vers une attitude schismatique (je pense que c’est déjà le cas pour la FSSPX et je le regrette).
Pour se prémunir de ce risque (qui est loin d’être négligeable), il faut 1. Demeurer autant que possible dans l’Eglise visible, ce qui suppose d’obtenir une régularité canonique; cela permet de situer son combat comme un mouvement de réforme à l’intérieur de l’Eglise et non comme une Eglise parallèle; et 2. Il faut se constituer une vaste culture théologique intégrant une connaissance de tous les courants théologiques qui ont traversé l’histoire de l’Eglise des origines à aujourd’hui, sans se focaliser exclusivement sur une période particulière (par exemple, au hasard, la période Trente-Vatican I).
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|