Il faut une lecture attentive par Réginald 2025-07-13 21:02:50 |
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Je vous remercie pour votre lecture attentive et la pertinence de vos remarques, auxquelles je souscris largement sur le fond. Vous avez raison de rappeler que les suppléances divines, selon le mot du cardinal Journet, ne sauraient en aucun cas valider les éléments erronés présents dans les religions séparées : il s’agit d’une économie miséricordieuse de Dieu malgré ces erreurs, agissant en faveur de ce qui est vrai, bon, ordonné au Christ — et contre ce qui fait obstacle à la grâce.
Sur ce point, l’usage que fait Unitatis Redintegratio (§3) d’expressions comme « moyens de salut » ou « valeur dans le mystère du salut » peut sembler elliptique. Mais une lecture attentive du texte permet de lever l’ambiguïté.
Le Concile affirme tout cela (Parole de Dieu, foi, espérance, charité, dons intérieurs de l’Esprit)
« provient du Christ et conduit à lui »,
et
« appartient de droit à l’unique Église du Christ » (UR, 3).
Il ne leur attribue donc de valeur salvifique que dans la mesure où ils sont des fragments de l’unique économie du salut confiée à l’Église catholique.
Cela implique trois choses :
1. Ce qui est source de salut dans ces communautés n’est jamais leur structure propre — qu’elle soit ecclésiale ou religieuse — mais uniquement les éléments qu’elles ont conservés de l’Église catholique, et dont la vertu salvifique « dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Église catholique » (UR, §3).
2. Ce n’est jamais leur structure séparée qui cause une appartenance secundum quid, mais les éléments catholiques qu’elles n’ont pas totalement perdus.
3. L’Esprit Saint peut se servir de ces structures comme de véhicules accidentels, mais non comme causes formelles de salut.
C’est pourquoi le même paragraphe d’Unitatis Redintegratio conclut avec fermeté :
« C’est, en effet, par la seule Église catholique du Christ, laquelle est le moyen général de salut , que peut s’obtenir toute la plénitude des moyens de salut »
En revanche, Lumen Gentium (§16), à propos des religions non chrétiennes, se montre encore plus sobre :
Dieu « ne refuse pas de se servir » de certaines voies « connues de lui seul »
pour offrir, mystérieusement, sa grâce à ceux qui ignorent l’Évangile mais le cherchent sincèrement.
Cette affirmation a été précisée par Dominus Iesus (§21), qui rappelle que :
« Les rites et prières des autres religions peuvent disposer à recevoir l’Évangile, mais ils ne possèdent pas en eux-mêmes l’efficacité salvifique ex opere operato, propre aux sacrements de l’Église. »
Et que, de surcroît :
« Certains rites, issus de superstitions ou d’erreurs, peuvent constituer un obstacle au salut. »
D’où l’affirmation claire de Redemptoris Missio (§55) :
« Le dialogue doit être conduit dans la conviction que l’Église est la voie ordinaire du salut et qu’elle seule possède la plénitude des moyens de salut. »
En somme, l’appartenance secundum quid n’est jamais causée par la forme propre d’une religion séparée, mais uniquement par les éléments catholiques encore à l’œuvre en elle — des éléments dont l’efficacité salvifique vient exclusivement du Christ et de son Église.
C’est d’ailleurs la réaffirmation que l’efficacité salvifique n’appartient qu’à l’Église du Christ qui a suscité une opposition virulente chez de nombreux théologiens modernistes.
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