une comparaison par Réginald 2025-07-11 08:19:00 |
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Pour faire faire comprendre, prenons l’exemple d’une greffe. Lorsqu’un membre ou un organe est greffé sur un corps, il est irrigué, nourri, animé par ce corps : il participe réellement à sa vie biologique. Mais tant que l’intégration n’est pas pleinement accomplie, il demeure en partie étranger. Il faut parfois administrer des traitements pour prévenir un rejet. Tout cela indique que l’union, bien que réelle, reste encore imparfaite. Ce membre greffé est donc uni au corps, mais de manière partielle, fragile, tendue vers une pleine intégration.
Il en va de même dans l’ordre ecclésiologique. Un fidèle orthodoxe, validement baptisé, nourri par les sacrements, professant la foi trinitaire et vivant dans la grâce, participe objectivement à la vie de l’Église. Il est comme greffé sur le Corps du Christ : il en reçoit la sève, il est vivifié par des moyens de salut authentiques. Mais son union reste blessée par l’absence de communion avec le successeur de Pierre, principe visible de l’unité. Ce lien, bien qu’imparfait, est réel : il ne s’agit ni d’une pleine appartenance, ni d’une totale extériorité.
Même un orthodoxe qui ne serait pas en état de grâce continue, par son baptême et sa confirmation, de participer à ce qu’on peut appeler la christoconformation extérieure. Il appartient donc à l’Église, non simpliciter, mais secundum quid. Cette distinction n’a rien de nouveau : saint Thomas lui-même écrit que « parce que le caractère baptismal par lequel quelqu’un est compté au nombre du peuple de Dieu est indélébile, le baptisé appartient toujours d’une certaine façon à l’Église » (Semper aliquo modo remanet baptizatus de Ecclesia — Suppl., q. 22, a. 6, ad 1)
De même qu’un membre greffé ne peut pleinement fonctionner qu’à condition d’être accepté par l’organisme, de même l’unité ecclésiale requiert une pleine adhésion aux médiations visibles de la communion : foi intégrale, reconnaissance du magistère universel, lien canonique avec le centre de l’unité.
L’Église ne considère donc pas ces fidèles comme parfaitement intégrés, ni comme radicalement exclus. Elle reconnaît en eux une communion réelle mais incomplète, ordonnée à une pleine unité visible.
C’est précisément cette situation — réelle, blessée, mais tendue vers la plénitude — que la notion de communion imparfaite permet d’exprimer. Elle échappe aux logiques simplistes du tout ou rien, et rend compte de la richesse organique, graduée et analogique de l’ecclésiologie catholique.
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