Vous écrivez:
Le monde monastique, fondé sur les conseils évangéliques et la contemplation, est bien évidemment un roc admirable sur lequel peut s'appuyer puissamment cette fidélité. Cela ne signifie pas pour autant qu'il s'agit de la seule solution à tous les problèmes : l'esprit des conseils et la contemplation ne sont pas le monopole des moines.
Soyons lucides: vous voyez beaucoup de sagesse et d’esprit de contemplation dans les structures diocésaines actuelles vous?
La réalité est que les monastères, et eux seuls en Occident, sont ce que j’appellerai des « conservatoires de la Tradition intégrale »: tradition liturgique, ascétique et spirituelle, bien sûr, mais aussi des lieux où se vit concrètement des équilibres traditionnels en termes d’art de gouverner que l’on a perdu dans l’Eglise séculière. Un monastère est une monarchie tempérée par une élitocratie digne de ce nom: tout le monde est écouté, mais seuls les moines anciens et expérimentés (profès), réunis en « conseil des sages », ont voix au chapitre et conseillent l’abbé, qui lui-même écoute, prend conseil, discerne et décide, mais toujours sous l’autorité d’une Règle et d’une tradition coutumière qui le dépasse et sur laquelle il n’a aucun pouvoir. On abouti ainsi à un modèle certes imparfait, mais souple, respectueux de la diversité des communautés et des usages, bien loin de l’uniformisation administrative rigide qui prévaut dans le monde séculier et qui montre aujourd’hui toutes ses limites. Kto avait d’ailleurs produit un intéressant reportage intitulé
La Règle, l’art de gouverner , je n’invente rien.
Il ne s’agit évidemment pas d’un modèle à copier de manière littérale et rigide, mais bien plutôt d’une source d’inspiration, à adapter de manière libre et souple au contexte diocésain…
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