deux autres textes de Cajetan par Réginald 2025-07-11 22:54:31 |
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1er texte :
« L’homme qui ne possède que le seul caractère de la foi (le caractère baptismal) est en même temps, sous différents aspects, fidèle et infidèle, membre du Christ et de l’Église, et hors des membres du Christ et de l’Église.
C’est pourquoi la terminologie des docteurs s’oppose parfois sur ce point :
– D’une part, puisqu’il ne lui reste que le seul caractère de la foi, et qu’il a volontairement renié cette foi, il est infidèle et hors des membres du Christ et de l’Église, quantum est ex parte sua — pour autant que cela dépend de lui.
– Mais d’autre part, ex parte autem Jesu Christi — pour autant que cela dépend du Christ, qui conserve indélébile le caractère une fois donné, cet homme est un fidèle contre son gré (fidelis invitus) et reste membre du Christ et de l’Église, qu’il le veuille ou non (velit nolit ipse), car il lui est impossible de rejeter ce caractère de la foi qu’il a reçu jadis.
C’est pourquoi saint Thomas peut :
– soit le ranger parmi les fidèles, lorsqu’il explique que l’adultère est plus gravement puni chez le fidèle, à cause des sacrements reçus et outragés par le péché (IIa IIae, q. 10, a. 3, ad 3) ;
– soit le classer parmi les infidèles, lorsqu’il énumère l’hérésie parmi les espèces de l’infidélité (IIa IIae, q. 10, a. 5). » (Cajetan, De comparatione, auctoritatis papæ et concilii, chap 22, n° 316 et 317)
Commentaire : Ce texte de Cajetan va clairement dans mon sens, car il montre que l’appartenance à l’Église peut être réelle sous certains aspects (par exemple, le caractère baptismal reçu et indélébile), même si elle est manquante sous d’autres (comme la foi vivante ou la communion explicite). Autrement dit, on peut être à la fois « dedans » et « dehors » selon des plans distincts — ce que j’ai exprimé par la participation graduée ou la communion imparfaite.
2e texte :
« Le caractère de la foi est le tout premier élément qui fait un chrétien : cela est manifeste, ce caractère étant l’effet propre et inséparable, et parfois l’effet unique du seul baptême par lequel on devient premièrement membre du Christ et de l’Église ; il est donc aussi le tout dernier élément par lequel on reste encore membre du Christ et de l’Église ; tant qu’il subsiste dans un homme, cet homme ne cesse pas totalement d’être membre du Christ, non desinit esse totaliter membrum Christi » (Ibid, n° 320)
Commentaire : ce passage renforce avec force la logique de participation déjà exposée :
• Le caractère baptismal est non seulement le premier fondement objectif de l’appartenance à l’Église, mais aussi le dernier lien qui subsiste, même chez celui qui a perdu la foi ou la grâce.
• On ne sort donc jamais totalement du Corps du Christ tant que ce caractère demeure, même si l’union est gravement blessée ou affaiblie.
• Cajetan affirme ici que l’appartenance ne disparaît pas absolument : elle peut être réduite à sa forme minimale, mais elle reste réelle ex parte Christi, tant que le caractère est là.
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