[réponse] par Réginald 2025-05-23 07:11:47 |
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La Déclaration DH témoigne effectivement d’un langage imprégné de la conception subjectiviste moderne du droit, dans laquelle le droit est conçu comme une prérogative attachée à la personne humaine du seul fait de sa dignité.
Mais cette formulation s’explique par l’intention pastorale et contextuelle de la déclaration conciliaire. Comme le disait saint Jean XXIII : « Il faut que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être respectée fidèlement, soit approfondie et présentée de la façon qui répond aux exigences de notre époque. » (discours d’ouverture). D’autre part, DH part de la réalité concrète de sociétés pluralistes, dans lesquelles la foi catholique n’est plus reconnue comme le bien commun. Ce choix d’approche (certes discutable et non sans ambiguïtés) n’est cependant pas nécessairement erroné sur le fond : il peut refléter une tentative prudente d’exprimer, dans un langage accessible à l’homme moderne, une exigence de justice concrète adaptée aux conditions présentes.
Dans cette situation, la déclaration perçoit, à mon sens, quelque chose de juste, que l’on peut parfaitement reformuler dans le langage du droit classique : dans les circonstances actuelles, il est injuste pour l’État de réprimer les faux cultes, non parce que l’erreur aurait un droit moral, mais parce que cette répression nuirait au bien commun : à la paix civile, à la liberté intérieure des consciences, à la justice proportionnée à ce que le corps social peut réellement recevoir.
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