réponse par Réginald 2025-05-16 07:24:48 |
|
Imprimer |
Ad 1 : Que les fausses religions soient marginales ou non ne change rien au problème de fond, qui est d’ordre principiel. D’ailleurs, votre argument peut se retourner : plus les fausses religions sont minoritaires, plus il est facile de les restreindre sans dommages sociaux majeurs. Or, la tolérance est elle-même justifiée, dans la doctrine catholique traditionnelle, par la nécessité d’éviter un mal plus grand, non comme une reconnaissance de droit pour l’erreur.
Ad 2 : Le Costa Rica, avec ses 5 millions d’habitants, n’est certes pas un État négligeable. Mais ce n’est pas sa taille qui compte, c’est la cohérence de sa constitution avec la doctrine catholique classique : un État peut être catholique tout en tolérant, pour le bien commun, l’existence d’autres cultes. Le recul des constitutions confessionnelles n’a pas été expressément demandé par l’Église. Le recul des constitutions confessionnelles n’a pas été explicitement demandé par l’Église. Il s’inscrit cependant dans un processus plus large de sécularisation des sociétés, auquel Dignitatis Humanae n’a pas adhéré en tant que tel, mais dont elle a pris acte. Ce texte traduit une adaptation du discours ecclésial aux conditions nouvelles du monde moderne, qui ne sont plus celles du monde médiéval fondé sur une relative unanimité religieuse, mais d’un monde pluraliste où la plupart des hommes, y compris ceux qui professent des erreurs doctrinales, sont supposés de bonne foi parce qu’ils n'ont pas librement choisi l’hérésie, mais parce qu’ils en ont hérité.
Ad 3 : La citation de Immortale Dei n’est pas sans lien avec notre sujet, puisqu’elle rappelle que la liberté n’a de sens que par rapport à la vérité. Toutefois, Dignitatis Humanae ne confère pas un droit à l’erreur, mais un droit civil à ne pas être empêché d’agir selon sa conscience. Pie XII a clairement développé ce point dans son discours Ci riesce :
« Dieu peut-il choisir dans certains cas de « ne pas empêcher » sans entrer en contradiction avec son infinie perfection ? » Oui, répond Pie XII : « Un regard sur la réalité autorise une réponse affirmative. Elle montre que l’erreur et le péché se rencontrent dans le monde dans une large mesure. Dieu les réprouve ; cependant il leur permet d’exister. » « Donc l’affirmation : l’erreur religieuse et morale doit toujours être empêchée quand c’est possible, parce que sa tolérance est en elle-même immorale – ne peut valoir dans un sens absolu et inconditionné. »
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|