Merci de ne pas caricaturer ma position : ce procédé ne fait pas progresser le débat.
Encore une fois, je ne défends aucunement le relativisme. Comme Pie XII l’enseignait avec clarté, de la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien et le mal des âmes ».
Pour être clair, je soutiens que toute société doit favoriser le catholicisme. Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne que les hommes ont le
« devoir de rendre à Dieu un culte authentique […] individuellement et socialement. C’est là la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral des hommes et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ » (cf. Dignitatis Humanae, 1 §3). (...) L’Église affirme ainsi la seigneurie du Christ non seulement sur les personnes, mais aussi sur les sociétés humaines (cf. Léon XIII, Immortale Dei ; Pie XI, Quas primas). » (CEC, §2113)
Le point précis que nous discutons n’est donc pas l’existence d’un devoir religieux de la société,
mais la portée pratique de ce devoir : implique-t-il nécessairement l’interdiction publique des autres cultes ?Sur ce sujet, vous semblez en être resté à l’édit de Théodose, comme si la clé du renouveau chrétien en France consistait à dégoter un chef d’État musclé qui, flanqué de CRS bottés, casqués et zélés, irait fermer les temples protestants, verrouiller les mosquées, et rétablir l’ordre divin à grands coups de matraques. Est-ce vraiment cela, votre idée de la nouvelle évangélisation ?
À supposer même qu’un tel chef d’État parvienne un jour au pouvoir, vous ne vous interrogez à aucun moment sur l’efficacité réelle d’une telle mesure. Les conversions qu’elle susciterait seraient-elles authentiques, nourries par la foi, ou simplement dictées par l’instinct de survie et le conformisme social ? Croyez-vous vraiment que la grâce se transmette par décret impérial et que l’amour du Christ naisse sous la pression policière ?
L’histoire montre que beaucoup de païens se sont convertis davantage par intérêt politique ou opportunisme social , pour conserver des privilèges, accéder à des charges ou éviter des sanctions que par conviction spirituelle. En d’autres termes, la décision de Théodose a facilité l’expansion extérieure du christianisme, surtout en réalité chez les élites, mais l’Église a dû ensuite lutter longuement pour évangéliser en profondeur des populations qui, bien que chrétiennes en apparence, restaient culturellement païennes.
PS : vous affirmez que « qu'on nous a expliqué après le Concile qu'il fallait retarder le baptême, au moins jusqu'à l'âge de raison » . Il faudrait dans ce cas m’expliquer comment vous comprenez le code de Droit Canon de 1983 «can. 867 - § 1. Les parents sont tenus par l'obligation de faire baptiser leurs enfants dans les premières semaines; ils iront trouver leur curé au plus tôt après la naissance et même avant, afin de demander le sacrement pour leur enfant et d'y être dûment préparés. § 2. Si l'enfant se trouve en danger de mort, il sera baptisé sans aucun retard. »