syllogisme par Réginald 2025-05-19 17:06:12 |
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Majeure :
Ce que Quanta Cura condamne formellement, c’est la conception d’une liberté religieuse conçue comme un droit absolu et illimité, c’est-à-dire une prétendue immunité totale de la conscience vis-à-vis de toute norme morale ou d’autorité civile et ecclésiastique. Elle vise ceux qui soutiennent que :
« La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme. Ce droit doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien organisée. Les citoyens ont droit à l’entière liberté de manifester hautement et publiquement leurs opinions quelles qu’elles soient […] sans que l’autorité civile ni ecclésiastique puisse lui imposer une limite. »
(Quanta Cura, §3)
Ce qui est ici condamné, c’est la négation de toute limite morale ou politique à la diffusion publique de l’erreur, même religieuse, au nom d’un droit de la conscience considéré comme un absolu, qui vaudrait pour lui-même sans être ordonné à la vérité.
Mineure
Or, la déclaration Dignitatis Humanae (1965) ne défend nullement une telle conception. Elle enseigne que la personne humaine jouit d’une immunité de contrainte extérieure en matière religieuse dans l’ordre civil, mais toujours dans les limites de l’ordre public juste et du bien commun :
« Cette liberté signifie que tous les hommes doivent être exempts de contrainte […] en matière religieuse […] à condition que soit respecté un juste ordre public. »
(Dignitatis Humanae, §2)
Elle précise d’ailleurs clairement que :
« Les hommes sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église, et, une fois qu’ils l’ont connue, de l’embrasser et de lui être fidèles. »
(Dignitatis Humanae, §1)
Conclusion : les deux droits n’ont pas le même objet formel.
Quanta Cura condamne une prétendue liberté religieuse conçue comme indépendance absolue de la conscience à l’égard de la vérité, sans limite morale ni politique.
Dignitatis Humanae, quant à elle, défend une immunité de contrainte extérieure dans l’ordre civil, ordonnée au bien commun et subordonnée à la recherche de la vérité.
Donc la condamnation du premier n’infirme pas la possibilité du second.
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