Pourquoi le devoir de tolérance implique un droit réel à être toléré par Réginald 2025-05-20 17:58:16 |
|
Imprimer |
Majeure : Tout devoir de justice suppose un sujet bénéficiaire.
Preuve de la majeure :
La justice est, par nature, relationnelle. Elle consiste à rendre à autrui ce qui lui est dû.Comme le dit saint Thomas : « Ex ratione sua iustitia habet quod sit ad alterum » (« Par définition, la justice implique un rapport à autrui ») ST IIa-IIae, q. 57, a. 2.
On ne peut donc parler d’une obligation de justice un sujet déterminé à qui cette obligation s’adresse. En effet, une obligation sans bénéficiaire serait un acte moral abstrait, mais non un acte de justice au sens propre.
Mineure : Or, dans certaines circonstances concrètes, l’autorité publique a le devoir moral de tolérer des manifestations religieuses objectivement erronées. (cf. Pie XII)
Autrement dit, il est juste que l’autorité, dans un contexte déterminé, ne réprime pas certaines erreurs religieuses, afin de préserver un plus grand bien (paix sociale, liberté de l’Église, etc.). Ce devoir n’est pas optionnel : il est exigé par la justice relative au bien commun (et aussi par la prudence politique).
Conclusion : Donc, dans ces circonstances, les personnes ainsi tolérées ont un droit réel à l’être.
Confirmation par l’absurde
Thèse adverse : Il ne peut y avoir de droit à être toléré, car l’erreur ne fonde jamais de droit.
Conséquence logique : L’autorité aurait une obligation de justice à tolérer certaines personnes, sans qu’aucune de ces personnes n’ait un droit corrélatif à cette tolérance.
Conséquence absurde : On admettrait ainsi une obligation de justice sans bénéficiaire, ce qui est contradictoire, car la justice, par essence, implique un rapport à autrui : reddere unicuique suum.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|