Ce qui est en question c'est non pas l'existence de ces cultes non catholique, mais le fait que leur manifestation vient à déborder sur l'espace public causant une grave nuisance aux fidèles catholique
En réalité, votre position est libérale et implicitement conforme à Dignitatis Humanae (DH), même si vous semblez vouloir vous en distinguer. Permettez-moi de rappeler ce que dit la thèse antilibérale . Selon cette thèse, toute manifestation au for externe d’un faux culte devait
per se être interdite par l’autorité publique dans la société. Cela signifie concrètement : pas de lieux de culte ouverts au public, pas de presse religieuse, pas d’écoles confessionnelles non catholiques, et une limitation du culte à la sphère strictement privée (par exemple, la prière dans un cadre domestique).
C’est d’ailleurs exactement ce que remarquait Mgr Tissier de Mallerais, lorsqu’il écrivait que l’Arabie saoudite adoptait, à l’égard des cultes non islamiques, une attitude conforme à la thèse catholique traditionnelle : à savoir, l’interdiction de toute manifestation publique d’un faux culte. Le seul problème, précisait-il, c’est que cette répression se faisait au nom d’une fausse religion, et non dans l’ordre voulu par Dieu, sous l’autorité du vrai culte. Mais sur le principe de la limitation stricte du for externe religieux aux seules expressions de la religion vraie l’attitude était jugée juste..
Or, si je vous comprends bien, vous ne vous opposez pas à l’existence de ces cultes, mais seulement à ce que vous appelez leur « débordement » (c’est votre expression) dans l’espace public. Cela signifie que vous admettez leur existence, leur légitimité privée, voire leur expression institutionnelle tant qu’ils restent discrets. Ce faisant, vous adoptez sans le dire la position de Dignitatis Humanae, qui reconnaît la liberté religieuse dans la limite de l’ordre public juste.
En effet, DH affirme que les manifestations religieuses peuvent être limitées si elles troublent objectivement l’ordre public, ce qui inclut les nuisances graves, les tensions sociales, ou les atteintes aux droits fondamentaux d’autrui. En parlant de « débordement », vous invoquez exactement ce motif-là, ce qui confirme que vous vous placez non dans la thèse antilibérale, mais dans le régime de la tolérance définie par DH.
PS : je remarque fans les faits, ce sont plutôt les catholiques qui processionnent dans les rues et organisent des pèlerinages. Les autres cultes se manifestent rarement dans l’espace public avec une telle visibilité. Le problème du « débordement » est donc, dans la réalité, marginal.