[réponse] par Réginald 2025-05-15 14:56:20 |
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Vous avez raison de rappeler que la Charte de 1814 est née dans un contexte politique très contraint. Louis XVIII, restauré par les puissances alliées, ne jouissait pas d’une pleine liberté de manœuvre. Il est donc vrai qu’il ne pouvait guère faire plus, sur le plan juridique, que de garantir la liberté de tous les cultes tout en affirmant le rôle prééminent du catholicisme.
Cela dit, ce constat politique ne suffit pas à évacuer la portée théologique de la réaction du Saint-Siège. En effet, la lettre Post tam diuturnas (avril 1814) condamne vigoureusement une liberté religieuse entendue comme relativisme doctrinal. Pie VII y voit une blessure faite à l’unicité de l’Église du Christ lorsqu’on place sur un pied d’égalité la vérité et l’erreur. Mais cette condamnation ne vise pas la tolérance civile, ni un régime de coexistence réglementée entre diverses confessions, à condition que cela ne soit pas interprété comme une approbation de principe de ces autres cultes.
C’est justement ce que le roi, par l’intermédiaire du comte de Blacas, clarifie auprès du pape en 1817 : la Charte garantit la liberté religieuse dans l’ordre civil, pour maintenir la paix et l’unité sociale, sans que cela engage l’ordre théologique. Le pape Pie VII accepte cette interprétation. Certes, il ne revient pas sur ses critiques initiales, mais il ne s’oppose plus à la Charte lue dans cette clé.
Dès lors, affirmer que l’acceptation du serment à la Charte n’est qu’un compromis purement diplomatique sous-estime la distinction opérée par Pie VII entre l’ordre civil et l’ordre religieux.
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