Ah bon par Signo 2026-08-27 16:43:31 |
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La constitution conciliaire sur la liturgie a été publiée en 1963.
Le concile s’est achevé en 1965.
Le nouveau missel n’a été publié qu’à la fin de l’année 1969, soit près de six années après la publication de SC.
Nous avons au moins quatre personnalités majeures qui affirment que le réforme liturgique a outrepassé le mandat du concile:
- le cardinal Siri, qui a été lui-même Père conciliaire et qui a donc participé à tous les débats, qui réagissant à la publication du nouveau missel, déclara: « Le Concile n’a pas demandé une révolution pareille » (cf. Chiron, Histoire des traditionalistes, p. 214).
- le cardinal Ratzinger, qu’on ne présente plus, qui a été expert au concile, et qui donc a participé à tous les débats et discussions;
- le P. Boniface Luykx, qui est tout de même l’un des rédacteurs du texte de Sacrosanctum Concilium, et qui par conséquent est plutôt bien placé pour savoir ce que le concile a réellement voulu;
- enfin le P. Louis Bouyer, un des plus grands théologiens du XXe siècle qui n’a pas directement participé au Concile mais qui y a exercé son influence de multiples manières, et qui fut un ami intime du pape Paul VI.
Aucun de ces différents acteurs clés de l’époque conciliaire n’est lefebvriste. Toutes leurs affirmations vont dans le même sens.
Par conséquent, avouez qu’il faut une dose assez monumentale de mauvaise foi pour affirmer comme une évidence la fidélité de la réforme aux directives du concile. Que le concile ait été inspiré dans une certaine mesure dans ses enseignements les plus importants (les deux constitutions dogmatiques) je veux bien l’admettre; affirmer que cette infaillibilité s’étend automatiquement à la réforme, alors même que l’on connaît bien maintenant le contexte révolutionnaire de la fin des années 1960, c’est aller un peu vite en besogne, c’est le moins que l’on puisse dire. Il faudrait alors démentir les historiens qui ont décrit cette atmosphère révolutionnaire, ainsi que les quatre témoins majeurs que j’ai appelé à barre. Le concile et la réforme sont donc clairement deux réalités distinctes, voire contradictoires au moins sur certains points.
Quand à une réforme « inspirée par le Saint-Esprit », il me semble que le seul fait qu’elle ait été incapable ne serait-ce que de freiner l’effondrement pastoral et catéchétique que nous avons connu ces soixante dernières années… suffit largement à trancher la question!
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