là où est notre vrai désaccord par Réginald 2026-08-30 09:53:33 |
|
Imprimer |
Sur votre premier point, je vous donne acte de la correction.
Mais votre deuxième paragraphe me paraît faire apparaître beaucoup plus clairement le véritable objet de notre désaccord. Si vous estimez que « l’ensemble des évolutions qu’a connues l’Église d’Occident depuis la fin du XIIe siècle » doit être remis en cause, nous ne discutons finalement plus principalement de la réforme liturgique de 1969. Nous sommes devant une véritable philosophie de l’histoire de l’Église occidentale, dans laquelle huit siècles d’évolutions théologiques, liturgiques, spirituelles et ecclésiologiques sont interprétés comme un éloignement progressif des « équilibres » du christianisme originel.
D’un point de vue épistémologique, votre thèse me paraît pratiquement infalsifiable. Si les crises confirment le processus, tandis que les périodes de fécondité, les réformes réussies et les développements doctrinaux ou spirituels peuvent eux-mêmes être réinterprétés comme des épisodes internes à ce même processus de déclin, il devient extrêmement difficile de mettre cette grille de lecture à l’épreuve des faits.
Avec un cadre aussi englobant, même un événement apparemment contraire à la thèse peut toujours être réabsorbé par elle. Dans l’histoire récente, SP pourrait ainsi être interprété non comme une inflexion réelle, mais comme une tentative de neutraliser l’opposition traditionaliste en faisant momentanément un pas en arrière après en avoir fait trois en avant, afin de mieux stabiliser le processus général. Au moment de sa publication, certains auteurs radicaux n’ont pas hésité à soutenir cette thèse en évoquant le « piège de SP ».
Sur le troisième point, je suis presque d’accord avec vous. Rien, dans les textes récents de Léon XIV, ne montre qu’il partage le diagnostic de Ratzinger sur une faiblesse intrinsèque du missel actuel appelant une correction de son contenu. Mais ce n’était pas mon argument. Je maintiens seulement que la structure de son raisonnement — continuité avec la Tradition, refus d’une lecture en termes de rupture, abus imputés à une interprétation erronée plutôt qu’à la réforme elle-même — appartient à la même famille intellectuelle que celle de Ratzinger, même si Léon XIV n’en partage pas, du moins pour le moment, l’ambition réformatrice que Ratzinger-Benoît XVI tirait, lui, de ce diagnostic.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|