Deux réponses par Signo 2026-08-30 13:01:59 |
|
Imprimer |
1. Non seulement ma thèse d’un éloignement de l’Eglise d’Occident des sources anciennes est parfaitement démontrable, à l’aide d’exemples très précis et mesurables, mais elle est même majoritaire depuis au moins le milieu du XXe siècle dans les milieux intellectuels. Pourquoi, à votre avis, à t’on eu besoin d’un mouvement liturgique, si précisément l’esprit de la liturgie n’avait pas peu à peu été perdu? Pourquoi les réformateurs auraient-ils procédé à une réforme aussi radicale, s’ils n’avaient pas été persuadés que l’ancien rite ne charriait trop de dérives cléricales et individualistes, et que depuis le Moyen-Age on s’était éloigné des équilibres antiques? Interrogez n’importe quel théologien en théologie sacramentelle, il admettra que le fait que des enfants non confirmés communient est une aberration contraire à toute la tradition de l’Eglise; tout le monde le sait mais plus personne n’ose remettre en cause la pratique; et il en est de même pour la disparition du baptême par immersion, de la communion sous les deux espèces, etc. Et je ne parle pas de l’ecclésiologie avec la disparition de l’élection des évêques au niveau local, de la disparition de toute autonomie des Églises locales, de l’absolutisme papal et de son corollaire la papolâtrie, le processus de centralisation à outrance avec concentration des pouvoirs au sein de l’administration vaticane, etc. Dans tous les domaines la vie ecclésiale a dévié des sources originelles et des équilibres anciens. C’est une évidence globalement partagée à des degrés divers par beaucoup et vous êtes sans doute l’un des rares dans toute l’intelligentsia catholique à le nier.
2. Vous confirmez une fois de plus votre invraisemblable naïveté vis à vis des catéchèses du pape. Quand il affirme l’enracinement du nouveau rite dans la tradition, c’est évidemment pour couper l’herbe sous le pied des critiques traditionalistes du nouveau rite. Si le nouveau rite est la Tradition alors être fidèle à la Tradition c’est adopter le nouveau rite et par conséquent le maintien du rite ancien devient sans objet. C’est le discours nominaliste bugniniste classique: la rupture c’est la vraie Tradition, le blanc est noir, le ciel est vert et l’herbe est bleue. La Tradition c’est le changement continuel, le mouvement, la réforme permanente. L’Eglise a toujours fait ce qui s’est passé en 1969. Ceux qui restent fidèles à l’ancien rite sont des passéistes qui ont une conception fausse et pétrifiée de la Tradition, etc. Donc ces catéchèses n’ont pas pour but premier d’appeler au respect des normes du nouveau missel (ce qui à la fois ne veut rien dire et n’aurait aucun effet, puisque la plupart des célébrations les plus fades respectent parfaitement les normes de la PGMR). La preuve en est d’ailleurs que comme d’habitude, aucune sanction, même légère, n’est envisagée à l’encontre de ceux qui violeraient les normes. Ces catéchèses ont pour principal objectif en réalité de légitimer la révolution liturgique par l’autorité papale (l’autorité papale justifiant tout, puisque absolue et quasi-divine), tout en délégitimant le maintien du rite ancien. Si vous avez un doute demandez à Athanasios D., il vous confirmera mon interprétation… d’ailleurs, cette série de catéchèses est très probablement une production du Dicastère du culte divin, c’est à dire de l’école néo-bugniniste représentée par Roche, Viola et leurs acolytes. Cela transparaît clairement en tout cas.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|