C’est très clair par Signo 2026-08-26 22:08:04 |
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Pour Léon XIV, le mouvement de résistance traditionaliste s’explique par des abus liturgiques (ce qui est partiellement vrai) ayant eu lieu suite à la réforme. Il faut donc rappeler au clergé qu’il faut « bien célébrer », en « respectant les normes » du nouveau rite. Ainsi, la qualité des célébrations s’améliorant, la résistance des traditionalistes sera sans objet et ils pourront donc rallier le nouveau rite enfin « bien célébré ».
Ce faisant, le pape fait preuve de naïveté et commet trois erreurs :
- celle consistant à penser qu’il suffit de faire de beaux et vagues discours - évidemment sans la moindre sanction, ni même la moindre indication précise- pour que la situation s’améliore sur le terrain; déjà Jean-Paul II et Benoît XVI avaient fait de semblables catéchèses évidemment sans le moindre effet;
- celle consistant à présenter le concile et la réforme comme un bloc homogène, alors qu’une simple analyse de la PGMR (sans même parler de la manière catastrophique avec laquelle la néo-liturgie est concrètement célébrée dans les paroissses) suffit à relever les nombreux points de discontinuité, voire d’opposition franche (par exemple sur la valeur normative du grégorien) entre SC et le NOM;
- celle consistant à refuser de voir que les abus et affadissements ne sont pas seulement liés à une mauvaise compréhension de la liturgie de la part des clercs et des laïcs engagés, mais aux déficiences liturgiques du nouveau rite en lui-même, qui en multipliant les options et les possibilités d’adaptation, abouti à une myriade de liturgies informes, livrées à l’arbitraire des clercs ou des équipes liturgiques. C’est précisément ce qui fait de ce « rite » un non-rite: car un rite, par définition, assume d’adopter une forme précise, assume d’être une expression particulière de la vérité universelle, attachée à une tradition particulière, liée à une histoire particulière (latine, byzantine, copte, etc), sans prétendre être un « rite universel » (comme l’appelait un prêtre défendant le nouveau rite sur un plateau de radio) adaptable à tous les contextes et à tous les milieux. La réalité est qu’il n’y a pas de « rite universel » et unique dans l’Eglise catholique, il n’y a qu’une vérité universelle s’exprimant à travers d’une grande diversité de rites particuliers.
Même si je pense que les rites orientaux ne sont pas menacés, de fait la logique impérialiste et uniformisante qui sous-tend l’argumentaire des néo-bugninistes est une menace sourde, rampante, contre la légitimité même des rites orientaux. Il s’agit là -dans cette confusion entre unité et uniformité- une pure manifestation de l’idéologie qui structure ce système de pouvoir qu’est le catholicisme moderne.
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