Quqnd il ne reste que l'argument d'autorité... par Signo 2025-04-16 12:24:35 |
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1. Il ne sert à rien de venir discuter sur un forum si, quand on veut entrer de manière argumentée dans le fond du sujet, vous n'avez rien à répondre d'autre que "l'Eglise a décidé, point final".
Mais surtout, vous ne semblez pas vous apercevoir à quel point votre tentative de vous refugier dans l'argument d'autorité est fragile, tout en révélant votre fébrilité sur le sujet. Lorsque le 4e concile du Latran impose le port d'un signe distinctif aux Juifs, c'était aussi "l'Eglise". Lorsqu'en 353, réuni à la demande du pape Libère et de l'empereur Constance II, le concile d'Arles rétablit les ariens dans la communion et anathématise S. Athanase, c'était aussi "l'Eglise". Lorsqu'en 1534 Quinones reforme le bréviaire romain sur ordre de Clément VII, et que quatre papes successifs (quatre!) approuvent le bréviaire réformé, c'était aussi "l'Eglise". Et pourtant Pie V par la suite l’a interdit, avant que Dom Guéranger, quatre siècles plus tard, démontre la rupture avec la tradition qu'il représentait, ce qui n’est plus débattu aujourd’hui. Donc attention à ce genre d’argument qui a tendance à attribuer à « l’Eglise », de manière parfaitement anhistorique, des décisions en réalité très liées à un contexte historique donné, très humaines… et parfaitement faillibles.
Comme je l’ai dit, concernant la réforme le mal est fait. Mais l’Eglise n’étant pas une secte, mais une communion de personnes libres fondée sur la foi et la charité, nous avons le droit de discuter librement de ces sujets... et nous demandons a minima la possibilité aujourd’hui de vivre de cette liturgie traditionnelle, et de justifier ce choix qui contrairement aux inepties pseudo-théologiques d’un Grillo, ne remet en rien en cause la communion ecclésiale. Sachant que la diversité liturgique, surtout si elle s’appuie sur des usages anciens et traditionnels, a toujours été un élément constitutif de la catholicité depuis les origines de l’Eglise.
2. Bien sûr que je fais des jugements personnels, comme tout le monde, pas plus que vous d'ailleurs. Mais j'avance aussi beaucoup d'éléments objectifs et factuels qui fondent mes "jugements personnels", éléments auxquels vous n'avez pas répondu pour la plupart. En réalité ma critique de la réforme, si elle reprend les éléments les plus solides de la critique traditionaliste, s'en distingue nettement par le fait que je m'appuie sur des témoignages, des aveux ou des écrits de personnalités peu suspectes de lefebvrisme, comme Bouyer, Gélineau, Congar, Zundel, et des arguments peu goutés par les traditionalistes, par exemple le caractère paradoxalement anti œcuménique de la réforme, notamment vis à vis de l'Orient chrétien. Mais de tout cela, vous ne tenez absolument aucun compte. Je fais des concessions, j'ajoute de la nuance, vous, jamais. Pour vous, les traditionalistes ont tort et doivent se soumettre, quel que soit la pertinence des arguments qu'ils peuvent avancer. Fort bien! Laissez-moi vous dire que vous ne convaincrez pas grand monde avec une telle attitude, la plupart des objections à la reforme demeurant sans réponse...
3. Et puis vous me dites de relire l'article de SC relatif au calendrier. Faisons-le ensemble:
107. Révision de l'année liturgique
L’année liturgique sera révisée de telle sorte que, en gardant ou en restituant les coutumes et les disciplines traditionnelles attachées aux temps sacrés, en se conformant aux conditions de notre époque, on maintienne leur caractère originel pour nourrir comme il faut la piété des fidèles par la célébration des mystères de la Rédemption chrétienne, mais surtout du mystère pascal. Les adaptations, selon les conditions locales, si elles étaient nécessaires, se feront conformément aux articles 39 et 40.
108. On orientera l’esprit des fidèles avant tout vers les fêtes du Seigneur, par lesquelles se célèbrent pendant l’année les mystères du salut. Par suite, le propre du temps recevra la place qui lui revient au-dessus des fêtes des saints, pour que le cycle entier des mystères du salut soit célébré comme il se doit.
109. Le Carême
Le double caractère du temps du Carême, qui, surtout par la commémoration ou la préparation du baptême et par la pénitence, invite plus instamment les fidèles à écouter la Parole de Dieu et à vaquer à la prière, et les dispose ainsi à célébrer le mystère pascal, ce double caractère, aussi bien dans la liturgie que dans la catéchèse liturgique, sera mis plus pleinement en lumière.
Par suite :
a) les éléments baptismaux de la liturgie quadragésimale seront employés plus abondamment ; et certains, selon l’opportunité, seront restitués à partir de la tradition antérieure ;
b) on en dira autant des éléments pénitentiels. En ce qui concerne la catéchèse, on inculquera aux fidèles, en même temps que les conséquences sociales du péché, cette nature propre de la pénitence, qui déteste le péché en tant qu’il est une offense à Dieu ; on ne passera pas sous silence le rôle de l’Église dans l’action pénitentielle, et on insistera sur la prière pour les pécheurs.
110. La pénitence du temps de Carême ne doit pas être seulement intérieure et individuelle, mais aussi extérieure et sociale. La pratique de la pénitence, selon les possibilités de notre époque et des diverses régions, et selon les conditions des fidèles, sera favorisée et, par les autorités mentionnées à l’article 22, recommandée.
Cependant, le jeûne pascal, le vendredi de la passion et de la mort du Seigneur, sera sacré ; il devra être partout observé et, selon l’opportunité, être même étendu au Samedi saint pour que l’on parvienne avec un cœur élevé et libéré aux joies de la résurrection du Seigneur.
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