Nous ne nous comprenons pas par Signo 2025-04-14 22:54:09 |
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Ce que vous dites de SC, c’est déjà une certaine interprétation. Le texte demande une révision générale des livres liturgiques, mais le terme « révision » n’implique pas nécessairement une refonte totale. Et les modifications débouchant sur le missel de 1965 étaient déjà très importantes, comme le savent tous ceux qui connaissent bien le cadre rubrical du missel tridentin.
Votre tentative de brandir l’argument d’autorité en affirmation péremptoirement l’assistance du Saint-Esprit à propos des directives conciliaires sur la liturgie est vaine: ni vous ni moi ne savons dans quelle mesure l’Esprit de vérité a assisté les Pères du Concile, concile que par ailleurs je défends régulièrement sur ce forum. Ce qui est certain, outre qu’en général cette assistance ne s’étend qu’au domaine doctrinal et moral, elle ne s’est certainement pas étendue à la réforme liturgique dont la fidélité aux véritables intentions du concile est au moins sujet à débat.
Je ne sais si l’ancien missel perdurera indéfiniment, ce qui est certain c’est que la liturgie romaine traditionnelle, dont ce missel est l’expression elle, perdurera. Quoi qu’il en soit, il est certain qu’il ne vous appartient pas de décider ce que j’ai le droit de revendiquer ou pas. Ce droit, l’Eglise l’a reconnu à plusieurs reprises par les papes post conciliaires et ce ne sont pas les oukases anachroniques de TC qui le remettront en cause.
Je vous confirme que les réformateurs on raisonné comme si la liturgie romaine était à faire, (donc comme si nous étions au IVe siècle), alors qu’elle était déjà faite, déjà aboutie et parvenue à maturité depuis plusieurs siècles, et qu’une vraie réforme aurait dû se contenter de la restaurer dans sa réalité de vie, plutôt que de la refondre entièrement, aboutissant à une liturgie artificielle et indigente, avec les merveilleux résultats pastoraux que l’on sait. Car piocher artificiellement dans des anaphores antiques appartenant parfois à d’autres traditions, si belles soient-elles, les recomposer sur la base de la mentalité des années 1960, aller déterrer tel rite disparu par ci ou telle collecte oubliée par là, en sautant au passage par dessus près de mille ans de tradition romaine, et mépriser à ce point les enrichissements médiévaux sous prétexte d’une antiquité mythifiée, servant d’ailleurs de prétexte à introduire des nouveautés modernes inédites, le tout sur la base d’a priori historico-idéologiques qui ont été démentis depuis par les meilleurs spécialistes (comme par exemple cette grotesque pratique de la messe face au peuple, justifiée par un « retour à l’antique », bien qu’elle ait été totalement inconnue de l’Antiquité chrétienne, comme le reconnaissent l’unanimité des historiens) ce n’est pas respecter l’originalité propre de la tradition romaine: c’est au contraire l’altérer très profondément, et au final, comme l’a reconnu le P. Gélineau lui-même, c’est la détruire.
Et puis, que dire de votre litanie de chipotages? Le terme de connection est parfaitement adapté pour le sujet précis que j’évoquais, car les mots ont un sens, et dire que le célébrant n’était pas en communion avec l’assemblée dans les siècles précédents, comme s’ils n’avaient pas la même foi, est largement exagéré et impropre. Le vrai problème était bien, non l’absence de communion, mais une réelle déconnexion entre les actions du célébrant et celles du peuple, le peuple s’occupant à des dévotions pieuses mais sans suivre le déroulé de la liturgie elle-même.
Je passe sur vos chipotages ineptes sur les notions de « peuple » opposée à celle « d’assemblée ». L’assemblée se dit « ecclesia » en latin, ce qui signifie Eglise. Le prêtre ne fait donc pas partie de l’Eglise selon vous?
L’archéologisme dans la conception de la nouvelle liturgie est tellement évident que même un jeune dominicain de la province de Toulouse faisant une conférence sur le sujet, et dont la vidéo a été partagée récemment sur le forum, a été bien obligé de le reconnaître. Et je passe sur le propos de Bouyer, qui connaît certainement mieux la réforme que vous, puisque lui y a activement participé comme membre de la commission et l’a vécu de l’intérieur, et qui a dénoncé « les maniaques » concepteurs du nouveau missel, « archéologisant à tort et à travers ». Évidemment comme ce témoignage de première main ne vous plaît pas, vous allez m’expliquer qu’il ne vaut rien, que Bouyer n’est pas crédible, etc. Peu importe. Le témoignage existe et les lecteurs jugeront.
Outre que mon expression « en quelques mois », est directement tirée du témoignage de Bouyer (mais vous allez dire qu’il ne connaît pas la réforme), vous semblez oublier que ce que l’on a appelé « le mouvement liturgique » a été en fait un vaste mouvement d’intérêt pour la liturgie depuis la deuxième moitié du XIXe siècle et traversé par une multitude de courants bien différents, parfois même antagonistes et aux buts parfois opposés. La réforme de 1969 consacrant la victoire du courant pastoraliste de l’après guerre qui était nettement en rupture avec le mouvement liturgique initial, comme cela a été démontré par maints auteurs. La réalité historique est donc bien plus complexe que la vision monolithique que vous nous présentez.
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