Réflexions multiples par Athanasios D. 2025-04-15 14:26:27 |
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De mémoire les prières de l'offertoire du missel de S. Pie V n'entrent dans la liturgie romaine qu'au XIVe siècle.
Pourquoi ne considérez-vous pas cela rétrospectivement comme une nouveauté? Où est le développement organique tel que vous le concevez?il ne faut pas oublier qu'un rite nait et se développe d'une manière similaire à un être humain selon un processus cumulatif et organique: naissance à partir d'une réalité pré existante, croissance, enrichissement, maturité. Et chaque étape de développement doit être respectée telle qu'elle est. Par exemple, il serait absurde de prétendre arracher les dents a un adulte de vingt ans... sous prétexte qu'il n'en avait pas à la naissance!
Primo, cela revient à dire que la liturgie ne peut qu'ajouter et rien retrancher. En famille, quand nous prions une dizaine de chapelet, je n'ai pu m'empêcher de constater que les prières conclusives prennent désormais presqu'autant de place que la dizaine proprement dite. Est-ce à dire qu'il fallait cela - toutes bonnes choses prises isolément par ailleurs - pour qu'elle parvienne à maturité?Concernant le rite romain, on peut considérer qu'il atteint sa pleine maturité à la fin du Moyen-Age.
C'est vous qui le dites. La volonté de restauration demandée par SC démontre que ce n'était pas le cas.Le fait qu'il ne comprenait pas à cette époque certains éléments n'est certainement pas en soi une raison suffisante pour justifier leur suppression au XXe siècle. D'autant que rajouter une prière pour combler un vide, ce n'est pas du tout le même type d'évolution que de supprimer et remplacer une prière qui a fait partie intégrante du rite durant près de six siècles...
Ce "vide" a duré plus longtemps que les prières actuelles, rétrospectivement des "nouveautés" selon vos propres critères. Le rite propre des Chartreux est à peine plus prolixe.il y a notamment cette idée que le Moyen-Age aurait prétendument "corrompu" une liturgie "pure" durant les premiers siècles.
Je ne souscris pas à cette opinion. Je ne désire pas un retour à la liturgie telle que la célébrait les Apôtres et ne considère nullement que ces développements ultérieurs constituent autant de "corruptions" à supprimer.Sur le fond, on a accusé ces prières médiévales d'offertoire d'être redondantes avec la prière eucharistique. Depuis, des études en liturgie comparée, notamment avec les liturgies orientales, ont depuis longtemps balaye cette thèse, comme le montre cet article.
Pas redondantes, mais peut-être décrivant les oblats comme s'ils étaient déjà eucharistiés. Il faut reconnaître que le rite romain est particulièrement emphatique sur ce point, somme toute tardif, même comparé aux liturgies orientales. La prière d'offertoire, ne comptant pas parmi les parties immuables d'institution divine mais bien "des parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent, s’il s’y est introduit des éléments qui correspondent mal à la nature intime de la liturgie elle-même, ou si ces parties sont devenues inadaptées."Enfin je pose une question essentielle. Le Concile avait demandé, non pas de changer pour changer, mais que l'on "ne fasse des innovations que si l’utilité de l’Église les exige vraiment et certainement, et après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique."
La seule manière de comprendre ce texte qui contient "en quelque sorte" un paradoxe apparent (innovation qui doit sortir de ce qui existe déjà), c'est qu'il faut considérer les "formes existantes" dans toute l'histoire du rite et non pas seulement celle qui précède immédiatement la réforme/restauration.Quel profit spectaculaire et évident l'Eglise, et notamment les fidèles, ont-ils tire de ce changement?
Pourquoi cela devrait-il être spectaculaire et évident? Certes, nonobstant le temps liturgique "singulier", les anticipations au sein des prières de l'offertoire du VOM peuvent avoir été considérées comme inadaptées aux mentalités contemporaines, justifiant non pas une suppression mais une reformulation.
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