…que cela prouve que l’on peut parfaitement continuer le combat de la foi tout en ayant une pleine régularité canonique.
Sans même parler des évêques africains ou des cardinaux Müller, Sarah, Brandmüller etc, certains prélats ou communautés dont les positions sont identiques ou proches de celles de la FSSPX sont en parfaite régularité canonique avec l’Eglise officielle : Mgr Schneider, les Bénédictins de l’Immaculée de Taggia, dans une moindre mesure la FSVF, etc.
Outre certaines outrances dans les propos publics, ce qui est gênant avec la FSSPX c’est le refus par principe de beaucoup de ses membres de rechercher une régularité canonique qui serait perçue comme un mal intrinsèque, une « compromission » avec « l’Eglise conciliaire ». Ce qui est une position quasi-sédévacantiste contradictoire avec le fait de reconnaitre par ailleurs le pape et les évêques comme les autorités légitimes.
Autre contradiction : le fait, d’un coté, de reconnaitre comme l’a fait Mgr Fellay que 95% des textes conciliaires sont acceptables et qu’il n’y a que 5% d’ambiguïtés (sachant qu’une ambiguïté n’est pas une hérésie) n’est pas cohérent avec les diatribes (courantes dans la FSSPX) rejetant radicalement le concile dans son ensemble. On rétorque souvent que si il n’y a que 5% de poison dans une soupe, c’est toute la soupe qui est empoisonnée.
Mais cet argument n’est pas pertinent pour plusieurs raisons :
- D’abord on parle d’ambiguïtés, pas d’hérésies manifestes, or une simple ambiguïté n’est pas un motif suffisant pour refuser a priori l’ensemble d’un Concile œcuménique validé par le pape ;
- Ensuite un concile n’est pas comparable à une soupe à boire d’un trait : Vatican II ce sont des textes variés, revêtus d’une autorité doctrinale inégale : une simple déclaration n’a pas la même valeur qu’une constitution dogmatique. Certains textes sont déjà caduques, d’autres n’ont aucune valeur contraignante. Dans tous les cas et comme tous les conciles de l’histoire de l’Eglise un certain « filtrage » ou une « digestion » va s’opérer de toute façon avec le temps. Rien ne justifie donc de rejeter Vatican II en bloc, sans discernement.
En revanche, de l’autre côté, il faut aussi que les autorités ecclésiales, romaines et épiscopales, reconnaissent que, l’orthodoxie de la foi étant sauve, on peut être pleinement dans l’Eglise tout en émettant des réserves sur certains points comme certaines formulations conciliaires ou sur la réforme liturgique (qui ne devrait avoir aucune valeur contraignante absolue). Une certaine diversité de positionnements est légitime dans l’Eglise. Je pense que dans le contexte actuel si l’on veut éviter une dislocation générale du corps ecclésial, il faut renoncer au modèle post-tridentin d’une Eglise monolithique dans laquelle tout le monde devrait obligatoirement penser exactement la même chose. Ce qui suppose aussi de tolérer, dans certaines limites évidemment, un certain progressisme au sein de l’Eglise.
Ce modèle aujourd’hui devenu anachronique n’a d’ailleurs pas toujours existé. Au IIIe siècle, S. Cyprien de Carthage, et une bonne partie de l’Eglise d’Afrique avec lui, s’est opposé frontalement au pape Etienne sur plusieurs sujets dont une question doctrinale (la validité du baptême des hérétiques). Par la suite l’Eglise a donné raison au pape contre Cyprien, mais ce dernier n’a jamais rompu la communion romaine, et n’en est pas moins officiellement vénéré comme un saint et un des plus grands Pères de l’Eglise antique. Et il y a beaucoup d’autres exemples de ce type.
Croire en la liberté religieuse ou à l’œcuménisme (en admettant déjà que l’on s’entende bien sur le sens que l’on donne à ces termes) est-il absolument indispensable au salut ?
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