Selon le droit de l’Église la pleine communion hiérarchique avec le Pontife romain suppose :
1/ La reconnaissance de son autorité suprême.
2/ L’obéissance effective à l’exercice de cette autorité, dans ses fonctions d’enseignement, de gouvernement et de sanctification. (cf. can. 205)
La dissociation volontaire entre ces deux dimensions rompt l’unité pratique avec l’Église, même si une reconnaissance verbale de l’autorité demeure.
Or, la Fraternité Saint-Pie X affirme reconnaître la légitimité du pape actuel (acte premier de communion hiérarchique). Toutefois, dans les faits, il y a bien :
Un rejet de l’autorité magistérielle
Refus systématique d’adhérer aux actes authentiques de son magistère ordinaire (motu proprio, encycliques, décisions doctrinales telles que les nouvelles canonisations et du doctorat de Newman).
Un rejet de l’autorité législative
Contestation de la légitimité de ses lois disciplinaires universelles, en particulier la réforme liturgique, les nouveaux rites sacramentels et le Code de droit canonique promulgué en 1983.
Une rupture de la dépendance hiérarchique
Action en dehors de la juridiction pontificale et épiscopale : ordinations épiscopales sans mandat apostolique, séminaires et maisons autonomes, ministères exercés sans mission canonique.
Une ignorance de l’autorité ordinaire locale
Ouverture et administration de lieux de culte comme si l’évêque diocésain — représentant local de l’autorité pontificale — n’existait pas.
Une contradiction dans l’usage de la juridiction accordée
Acceptation ponctuelle des concessions pontificales (pouvoir ordinaire de confesser, juridiction déléguée pour les mariages), tout en maintenant un fonctionnement autonome pour l’ensemble des activités, comme si ces gestes n’appelaient pas un retour complet dans l’ordre juridique de l’Église.
Une telle attitude revient à reconnaître, en acte premier, l’autorité du pape, mais à en refuser, en acte second, l’exercice effectif. Cette dissociation vide la reconnaissance de sa substance et transforme une communion hiérarchique réelle en une communion purement nominale.
Comme le rappelle Cajetan, l’unité de l’Église est « unité de relation de partie à partie, dans le cadre d’une seule et même société ». Refuser d’agir comme partie de l’Église, « mais comme si l’on était soi-même un tout autonome », quelle qu’en soit la raison, « c’est alors que l’on est schismatique ».
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