Je viens de tout lire l'article de Mgr Bordeyne... par Chicoutimi 2021-05-23 05:11:56 |
|
Imprimer |
qui ne coûte effectivement que 3 Euros, et je vais être honnête: ce n'est pas très rassurant. Le texte met aussi en évidence la dérive morale qui découle d'Amoris Laetitia. Voici une petite analyse à propos de 7 sujets traités dans l'article en question:
1- Reconnaissance des unions homosexuelles
Dans le paragraphe suivant, Mgr Bordeyne semble ouvrir la porte à la reconnaissance des unions homosexuelles en utilisant la conjonction ''sinon'' de type ''sinon A du moins B'' que l'on pourrait traduire par ''A (la reconnaissance des unions homosexuelles) est possible mais incertaine, alors que B (la reconnaissance du chemin de ces personnes) est un minimum possible qui est certain'':
''Dès lors, l’appel au discernement sur la manière d’intégrer les différentes formes de fragilité engendre un travail de reconnaissance, sinon des unions homosexuelles dont il n’est pas question dans Amoris laetitia, du moins du chemin particulier des personnes homosexuelles dans la vie chrétienne.’’ (p. 90)
''Les évolutions pastorales furent, dans l’histoire, corrélatives d’évolutions doctrinales en matière morale. Le Concile Vatican II l’admit implicitement dans sa note explicative sur le titre de «constitution pastorale» accordé à Gaudium et spes.’’ (p. 93)
''Au lieu d’insister sur les possibles dérives de la conscience des fidèles comme a eu tendance à le faire la morale catholique, François fait valoir que la conscience est précisément donnée par Dieu aux «fidèles» pour qu’ils «répondent de leur mieux à l’Évangile avec leurs limites», ce qu’ils font «souvent», observe-t-il (AL 37). Ce discernement de la conscience vise «le bien possible» (AL 308 et 309), et non pas le bien idéal. Cette double insistance sur le «bien» et sur le «possible» désigne la part de bien qui demeure toujours possible en dépit d’importantes limites personnelles, qui peuvent rendre impossible la mise en œuvre d’une norme universelle'' (p. 95)
''Il est des personnes qui ne parviennent pas à vivre dans la continence demandée par l’Église, ou n’arrivent pas à vivre suffisamment heureuses dans la solitude au point de mettre en danger leur goût de vivre. Il est des personnes qui, après avoir erré dans le libertinage sexuel, se sont décidées à rechercher un bien à leur portée, et mesurent que la vie commune avec une personne aimée leur permet d’accéder à une stabilité affective et relationnelle. Il est des personnes qui ont sérieusement envisagé de se séparer d’une union homosexuelle réprouvée par la morale, mais qui ne peuvent le faire en conscience en raison des liens contractés dans la durée, y compris avec les enfants s’ils en élèvent. Bien plus, si des enfants ont été accueillis au sein de l’union homosexuelle, le choix du mariage peut répondre à la recherche d’une plus grande sécurité pour eux. Dans ces différents cas de figure, admettre que l’histoire humaine comporte une part de non-choix, de faillibilité et d’irréversibilité relève de la saine reconnaissance des limites humaines et permet d’assumer ses responsabilités au lieu de se réfugier dans une représentation irréelle de soi. Dès lors que la personne vise le bien ici et maintenant, compte tenu de ses capacités et de son histoire, le discernement qui prend en considération les conditions particulières ne doit pas être analysé comme un choix du moindre mal, mais plutôt comme la volonté de mettre en œuvre le bien possible «au milieu de la complexité concrète des limitations» (AL 303).'' (p. 95-96)
‘’(…) le cardinal Cupich récapitule le «changement de paradigme» évoqué par le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Vatican, au sujet d’Amoris laetitia. Il s’agit d’une approche «plus holistique de l’Église», qui fait pleinement droit à la logique de «l’incarnation» dans la proclamation de l’Évangile. C’est aussi une conception plus inclusive et plus dynamique du «développement doctrinal» qui doit faire appel au sensus fidelium. Elle permet d’aborder, avec un parti pris d’espérance, le constat, aujourd’hui partagé par-delà les différences confessionnelles, qu’il manque une véritable théologie chrétienne de la sexualité accordée à l’évolution des mœurs que l’on observe depuis des décennies. Sans chercher à imposer des mœurs à la société comme dans les temps de chrétienté, l’Église doit écouter ceux qui sont confrontés à de nouvelles questions et proposer, de manière plus humble et plus réaliste, des voies de salut et des itinéraires de croissance sur le chemin de la sainteté.’’ (p. 97-98)
''Ce n’est donc pas du côté de la formulation de la norme universelle que s’opère, dans l’Église catholique, l’essentiel du travail de discernement au sujet des unions homosexuelles. (…) La ferme volonté d’accompagner les personnes concrètes sur un chemin de croissance spirituelle conduit à revisiter le patrimoine de la théologie morale dans son lien avec la théologie pastorale, son terreau d’origine, et donc à reconnaître que les choix moraux ne se font pas dans l’absolu puisqu’ils doivent prendre en considération les possibilités concrètes des personnes censées les poser. (…) Depuis que la pastorale en direction des personnes homosexuelles s’installe dans la vie des Églises locales, le travail de discernement spirituel prend la forme d’un accompagnement sur des chemins de sainteté atypiques, dont on n’osait pas parler ouvertement dans le passé. On peut donc espérer que ce mouvement vers plus de réalisme spirituel permettra, à terme, de contribuer à un renouvellement de la théologie chrétienne de la sexualité, précisément parce que la sexualité humaine, finalement assez peu déterminée, admet des formes et des expressions atypiques.’’ (p. 98)
''Le Synode sur la famille, puis la réception d’Amoris laetitia, ont relancé la réflexion sur les voies de sainteté dans la condition homosexuelle et permis une approche moins doloriste, plus positive.’’ (p. 99)
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|