Si par "corps central de la messe" vous entendez le Canon romain, dans ce cas une messe en forme ordinaire usant de la prière eucharistique n°1, en latin/grégorien et ad orientem aurait aussi droit à l'appellation "messe de toujours".
En outre:
Par ailleurs, le problème central de la messe est de savoir si elle est essentiellement (d'abord et avant tout) un sacrifice propitiatoire ou si elle est un repas, un service de communion, une assemblée.
Pardon, mais la messe est bien A LA FOIS un sacrifice ET un repas! Ceux qui disent le contraire ne sont pas catholiques.
Rappelez vous que l'hérésie, ce n'est pas forcément d'enseigner une erreur, c'est souvent enseigner une vérité
mais en oubliant la vérité "opposée".
Or dans la cas de la messe, les choses sont très claires: la messe est un sacrifice et un repas. Tous les Pères de l'Eglise l'affirment et le R.P. Bouyer, un des plus brillants (et aussi l'un des plus traditionnels) théologiens du XXe siècle, le rappelle bien dans ses ouvrages, tout comme beaucoup d'autres.
Quand les progressistes disent que la messe est un repas, ils ont théoriquement et partiellement raison; le problème c'est qu'ils s'imaginent que la messe est un repas
du même niveau qu'un repas ordinaire, marqué d'une convivialité purement horizontale et humaine, alors qu'il s'agit d'un banquet sacré,
le festin des noces de l'Agneau.
Contrairement à ce que pensent de nombreux "traditionalistes" (qui du coup enseignent une quasi-hérésie), la Tradition a toujours vu une proximité symbolique entre le repas "alimentaire" et le banquet eucharistique: ainsi, dans les monastères, les moines mettaient le même habit pour aller au réfectoire que pour aller au choeur. Les repas du réfectoire s'y déroulent d'ailleurs selon un rituel qui est bien de nature liturgique. Dans la pensée traditionnelle, il n'y a pas de domaine profane: tout dans la vie de l'homme est sacré, mais pas au même niveau. (la politique est sacrée par le sacre du Roi, la vie économique est soumise au sacré par la prohibition de l'usure et par la dimension sacrale du symbolisme qualitatif des pièces de monnaie aujourd'hui remplacée par l'argent immatériel, symbole de la quantité pure, la vie familiale et la sexualité sont sacrées comme l'exprime la liturgie du mariage, etc) Ce que nous appelons aujourd'hui "profane", ce n'est rien de plus que du sacré... profané. Or le processus de profanation de tous les aspects de la vie de l'homme a commencé avec l'humanisme de la soi-disante "Renaissance".