La question... par Signo 2014-12-13 21:29:04 |
|
Imprimer |
...n'est pas de savoir si cette fusion -qui peut prendre différentes formes- s'est déjà fait dans l'histoire de Eglise, puisque la situation que nous vivons actuellement est de toute façon inédite. Il y a toujours eu des abus et des déformations liturgiques, mais jamais de cette ampleur. Pourquoi? Parce que la crise liturgique actuelle s'inscrit dans une crise de civilisation beaucoup plus vaste, qui se concrétise par une crise de la transmission dans tous les domaines, et une crise de l'identité. Cette crise touche toute la société, et l'Eglise n'y peut pas grand chose, si ce n'est retrouver ses propres racines spirituelles.
Il y a bien une grande partie des "tradis" qui considèrent que le rite de Saint Pie V est parfait, comme le prouve l'intervention révélatrice de XA, qui prouve qu'il ne s'agit certainement pas d'un fantasme. Evidemment ce point de vue ne résiste pas à une analyse historico-critique sérieuse, qui prendrait notamment en considération les contextes sociétaux dans lesquels ont été progressivement constitués ces rites.
Le problème des modernistes, c'est qu'ils relativisent tout, y compris les dogmes; le problème des "tradis" c'est qu'ils dogmatisent tout, y compris ce qui n'a pas lieu de l'être, et à commencer par les rites. Cette disposition d'esprit empêche de faire la part des choses, de hiérarchiser et de prioriser, et surtout rend aveugle sur les défauts éventuels et du coup empêche toute amélioration, ce qui est gravissime du point de vue de la foi. On abouti ainsi à une religion fixiste et rigidifiée, et l'on donne ainsi d'excellent arguments aux pires des modernistes.
Il est bien évident que nous ne demanderons pas aux fossoyeurs actuels de l'authentique liturgie si ils veulent ou pas d'un rite unifié qui soit vraiment catholique. Voilà un demi-siècle qu'ils détiennent le pouvoir dans l'Eglise et qu'ils sont les seuls a avoir droit à la parole. Dans 50 ans cette génération mortifère qui a tout détruit aura disparu et ne constituera plus un obstacle au renouveau de la foi par la liturgie, renouveau qui est inéluctable. Il suffit de voir l'essor impressionnant de la Communauté Saint Martin, et de le comparer aux séminaires diocésains -presque tous marqués par le progressisme- qui n'en finissent pas d'agoniser, comme les diocèses à qui ils appartiennent d'ailleurs. Le visage de l'Eglise de demain est déjà dessiné, et inutile de préciser de quelle teinte il sera.
Si les Papes et les Pères conciliaires ont jugé bon lors du dernier Concile de réformer la liturgie, et si l'énorme majorité du clergé a abandonné sans aucun remords (pour le meilleur et surtout pour le pire d'ailleurs) les anciens rites, c'est que ces rites devaient être loin, très loin d'être parfaits, réfléchissez donc un peu!
Vous me parlez sans cesse de ce que vous "voulez". Dans l'Eglise, chacun "veut" autre chose. Georges veut le rite de 1962. Robert veut le rite de 1969. Dupont veut une messe "pour les jeunes". Amélie veut une messe avec des guitares. Sophie veut ceci, Albert veut cela.
Pardonnez moi d'être un peu brutal, mais l'Eglise catholique, apostolique et romaine, ce n'est pas comme chez Macdo comme vous dites où chacun choisit son menu en fonction de ses préférences. Moi aussi, j'ai mes préférences. Si l'Eglise vous demande un jour de renoncer aux prières en bas de l'autel, et bien vous y renoncerez, dans un esprit filial d'obéissance et de fidélité. C'est pareil pour la Semaine Sainte. De toute façon rien n'est jamais parfait, et effectivement toutes les réformes ont certainement leurs faiblesses. L'Eglise tranche, les individus l'acceptent et se soumettent, point barre. C'est comme ça que ça marche tant bien que mal depuis deux mille ans. Si ce modèle ne plaît pas à certains, ils peuvent toujours aller lorgner du côté des protestants. Là ils pourront enfin n'en faire qu'à leur tête.
Pour le cas de Fontgombault, vous oubliez que les moines auraient très bien pu revenir au rite de 1962. Ils ne l'ont pas fait. Pourquoi? Posez vous la question...
Vous oubliez aussi que le NOM correctement célébré enrichit spirituellement des millions de catholiques, dans un esprit de foi et de fidélité à l'enseignement bimillénaire de l'Eglise, et que parmi ceux-ci, beaucoup -sans êtres progressistes- ne souhaitent pas le retour à l'ancien rite dont ils voient bien, eux, les multiples défauts. J'ai beaucoup d'amis qui sont dans ce cas, et vous vous en rendriez compte vous-même si vous acceptiez de sortir quelque peu du cocon "tradi"...
Lorsque vous me dites que nous ne retrouverons jamais l'unité, d'une part vous faites preuve d'un pessimisme qui n'a pas lieu d'être, et d'autre part cela prouve que vous ne savez pas lire les "signes des temps" -comme on disait dans les années soixante-dix- et les évolutions actuelles. Aujourd'hui les prêtres idéologisés qui massacrent la liturgie ont pour la plupart plus de 60 ans. Les rares jeunes prêtres diocésains sont globalement plus attentifs au soin à donner à la liturgie, à la réintroduction du grégorien et d'un sens du sacré etc. En outre, une grande partie des jeunes prêtres appartiennent soit à la Communauté Saint-Martin, soit à des communautés usant du rite de 1962, mais qui pour beaucoup ne font pas preuve du même état d'esprit d'hostilité à un retour à l'unité liturgique que vous. Le chemin est certes encore long et semé d'embûches, mais l'issue est inéluctable. Tout simplement parce que c'est la seule issue au désastre actuel.
Si vous en voyez une autre, je vous serai gré de m'en faire part.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|