RESUMONS par Signo 2014-12-12 14:37:33 |
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PRIMO: Denis Crouan ne tente pas (à mon avis) de discréditer le rite de Saint-Pie V. Il n'empêche et n'interdit personne de l'aimer, et d'ailleurs en ce qui me concerne je ne m'en prive pas. Il donne très simplement des explications sur les origines de certaines particularités de ce rite, qui peuvent éventuellement poser problème lorsque l'on sait ce que doit être une liturgie authentique (à savoir, célébration de la foi de l'Eglise, louange de Dieu). Ce monsieur a fait des études sur le sujet, il est docteur en théologie catholique, c'est un être humain intelligent comme vous et moi, inutile donc d'affirmer qu'il "dit n'importe quoi" et de le prendre pour un imbécile qui n'a rien compris. Le respect de l'interlocuteur, même en cas de désaccord, est une condition importante d'un vrai débat, surtout sur des sujets aussi importants.
SECUNDO: Beaucoup d'intervenants semblent considérer que la liturgie de S. Pie V est parfaite en tous points, qu'elle a toujours été respectée en tous temps et en tous lieux. Inutile d'avoir fait de longues études de théologie pour savoir que cette théorie ne tient pas debout: je rappelle qu'un rite ne fait pas partie de la Révélation, qu'il ne s'agit pas d'un dogme, qu'il est conçu par des hommes (ce n'est pas être moderniste que de le dire...) et que par conséquent il est imparfait et qu'il peut donc être critiqué. Il me semble (mais ce n'est que mon avis) que la critique (d'ailleurs assez mesurée) que fait M. Crouan du VOM est pertinente. Comment expliquer que certaines prières sont dites d'abord tout bas par le prêtre à l'autel, puis chantées par la schola, autrement qu'en se rendant l'évidence que ce rite a été lors de sa codification conçu pour la célébration d'une messe basse, par dessus laquelle on superpose la messe chantée? Notez qu'il n'a jamais dit que la messe chantée avait disparu à cette époque... . Je suis désolé, mais une célébration eucharistique n'est pas un concert, et il est évident que pour beaucoup de compositeurs des XVIIe et XVIIIe siècles -par ailleurs souvent talentueux voire géniaux- les textes liturgiques n'ont été qu'un prétexte pour composer des musiques n'ayant dans leur ton et leur type que peu de rapports avec ce que doit être un chant liturgique. Le Requiem de Mozart est magnifique, mais porte-t-il réellement à la prière et au recueillement? Permettez-moi d'en douter...
TERTIO: Le fait de trouver des partitions grégoriennes dans des missels ou des ouvrages du XVe ou XVIe siècle ne signifie en rien que le grégorien était encore chanté dans les églises (je rappelle au passage que le plein-chant n'est pas du grégorien). Je vous propose de faire une petite expérience. Prenez un Missel officiel édicté par Rome, un Missel officiel du rite de Paul VI (NOM). Lisez tous les rites qui y sont consignés, ainsi que les règles liturgiques qu'il contient, puis comparez les à ce qui se fait réellement dans 95% des paroisses en France. Vous constaterez que ces règles ne sont quasiment jamais suivies, que certains rites sont régulièrement omis, bref, que la liturgie conciliaire telle qu'elle est voulue par Rome n'existe tout simplement pas dans beaucoup de paroisses. Et vous voudriez me faire croire qu'à une époque dans laquelle internet et l'ensemble des moyens de communication modernes n'existent pas, à une époque où seule une petite minorité de la population sait lire et écrire correctement, où il existe des territoires plus ou moins entièrement cloisonnés en raison de l'insuffisance des axes et moyens de transport (en gros le XVIe siècle), vous voulez me faire croire que dans une telle époque, le Missel de S. Pie V a été reçu et suivi partout et tout de suite, et exactement comme Rome le voulait? C'est vous qui rêvez, et non pas M. Crouan! Déjà il me semble bien que les orientations du Concile de Trente n'ont commencé a être appliquées en France qu'au XVIIe siècle (avec, entre autres, l'essor de l'école française de spiritualité), c'est à dire pas moins d'un siècle plus tard... Dans le domaine liturgique, à mon avis, le rite de S. Pie V n'a commencé à être bien suivi en France qu'au XIXe siècle, et encore...principalement en raison d'ailleurs d'un certain gallicanisme dont nos progressistes français sont -sous des formes et un état d'esprit différents- les dignes héritiers.
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