Lu sur Pro Liturgia par Signo 2014-12-11 19:17:39 |
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"La liturgie tridentine, telle qu’elle est aujourd’hui reçue, est-elle davantage marquée par certaines dérives de la période baroque que de l’authentique tradition ?
Pour répondre à la question, il faut regarder la Messe de Requiem célébrée pour le repos de l’âme de Wolfgang Amadeus Mozart à Poznan en Pologne en 2002.
Elle donne une idée de la liturgie telle qu’elle était conçue et célébrée à cette époque puis transmise par la suite, avec en sus les ajouts plus tardifs du romantisme au XIXe siècle.Cliquer ici.
Dans cette célébration apparaissent nettement :
- les airs exagérément compassés des ministres de l’autel ;
- la façon chorégraphiée et quelque peu mécanique d’exécuter les rites ;
- la musique de Mozart qui, en raison de sa complexité bien loin de la sobriété grégorienne et de la répétition de certains mots, donne l’impression que le texte liturgique n’est plus qu’un livret d’une sorte d’opéra sacré ;
- le constant décalage entre les prières du prêtre à l’autel et ce qui est chanté, caractéristique de la forme chantée de la messe tridentine ;
- le fait que bon nombre de prières sont dites deux fois (une fois par le célébrant et une fois par les chœurs), pratique qui n’existe sans aucune liturgie ancienne, occidentale ou orientale, et prouve bien qu’à l’origine, le missel dit “de Pie V” était un livre prévu pour la messe lue (et non chantée, le grégorien ayant été oublié à l’époque de Trente) célébrée par un prêtre seul. C’est n’est qu’ultérieurement, au fur et à mesure des nécessités, qu’on a ajouté les rubriques permettant d’utiliser le missel dans le cadre d’une messe chantée. D’où cette impression de chants qu’on superpose sur ce qui demeure essentiellement une “messe basse”."
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